‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1253 sur 2407 · XXXVII. Fin de saint Etienne, roi de Hongrie · texte numérisé non relu

XXXVII. Fin de saint Etienne, roi de Hongrie

Saint Etienne, roi de Hongrie, étoit mort l'année précédente. Dieu l'éprouva par de grandes afflictions ; il perdit plusieurs enfants en bas âge , mais il s'en consoloit par les grandes espérances que lui donnoit le seul qui lui restoit , nommé Emeric (3). 11 le fit élever avec grand soin , et composa pour son instruction un traité ou décret , divisé en deux livres, dont le premier contient des préceptes généraux pour la religion et les mœurs ; le second S(mt des lois à peu près semblables aux autres lois barbares (4). Le jeune prince profila si bien de la bonne éducation qu1l avoit reçue, qu'il parvint à une haute piété; et, étant une nuit en prières, il promit à Dieu de garder la virginité , mais il tint celte résolution très-secrèle. Ainsi le roi son père, voulant assurer la succession du royaume, lui proposa un mariage convenable avec une belle princesse. Emeric s'en défendit d'abord, puis il céda à la volonté de son père et se maria , mais sans préjudice de son vœu ; et il ne toucha point à son épouse, comme elle en rendit témoignage après la mort du prince, qui suivit de près son mariage. 11 fut enterré à Albe-Royale , et il se fit plusieurs miracles à son tombeau : aussi l'Eglise l'honore-t-ellc entre les saints le quatrième de novembre (5).

Cl) Mabill. Saec. 6. Ben.

pag. 102.

(2) Vippo p. ii2.

(3) Vitaap. Sur.20.Aug.

Le roi eut besoin de toute sa vertu pour se consoler de cette perte; et, afin d attirer sur lui la miséricorde de Dieu , il augmenta ses aumônes, déjà très-grandes, surtout envers les étrangers. Il fit donc à l'occasion de celte mort de grandes largesses, premièrement aux moines et aux clercs , puis aux autres pauvres, et envoya même des aumônes aux monastères des pays étrangers. Il avoit une confiance particulière en un saint ermite, nommé Gunlher, retiré en Bohème ; et , quand ce saint homme le venoit voir, il le laissoit maître de son trésor. Enfin le saint roi Etienne, ayant été longtemps malade et sentant approcher sa fin , appela les évéques et les seigneurs de sa cour, qui étoient chrétiens, et leur recommanda surtout de conserver la religion nouvellement établie en Hongrie. 11 mourut le quinzième d'août mil trente-huit, jour de l'assompticm de la Sainte-Vierge, et futenterré dans l'église qu'il lui avoit fait bâtir à Albe-Royale; mais, s'y étant fait plusieurs miracles , son corps fut élevé quarante-cinq ans après, et sa sainteté reconnue par un culte public (1). L'Eglise l'honore le vingtième d'août , jour de sa translation.

XXXVUI. Saint Gunther, ermite.

L'ermite Gunther ou Gonthier, dont il vient d'être parlé, étoit un seigneur de Thiiringe , illustre par sa naissance et sa dignité, qui, touché du repi'ntir des péchés de sa jeunesse, alla trouver saint Godehard, depuis peu abbé d'Hersfeld , et ensuite évèque d'llildesheim(2). Gunlher lui découvrit le fond de sa conscience, et l'abbé lui persuada d'embrasser la vie monastique. Il renonça à ses biens, qui étoient grands, et les donna au monastère d'Hersfeld, du consentement de ses héritiers, se réservant toutefois pour sa subsistance le monastère de Guelingue , dont il jouissoit étant séculier, suivant l'abus de ce temps-là : ce qui fut cause que l'abbé différa quelque temps sa profession. Après l'avoir faite dans le monastère d'Altaha, soumis au même abl)è , il alla par sa Permission demeurer à celui de Guelingue, qu il s'étoit réservé. Mais, conmie il n'ètoit accoutumé ni à la pauvreté ni au travail , il trouvoit de grandes difiicullés dans le gouvernement de cette maison , et venoit souvent demander conseil à l'abbé Godehard , qui lui dit enfin, d'un ton ferme et sévère , qu'il se soumît à l'obéissance et à la stabilité qu'il avoit promise à Dieu, ou qu'il quittât Ihabit et retournât dans le siècle. Il en parla même à l'empereur saint Henri, qui fit venir Gunther et lui représenta fortement qu'il ne pou voit servir deux maîtres. Ainsi il abandonna Guelingue , et revint à Altaha se ranger à la vie connnune.

Il s'y distingua bientôt par sa ferveur et son

(i) Post. Bonfin. Vita S.

Ein. ap Sur. i nov.

(5) Martyr. K. 4 nov.

(l) Martyr. U. 20 aug. (2) VilaSœc. 6, Bni. p.

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