‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1275 sur 2407 · LIX. Le pape Léon en France · texte numérisé non relu

LIX. Le pape Léon en France

Il assista en cette qualité au concile de Reims, que le pape Léon IX tint la même année (3). Il avoit promis à Hérimar, abbé de Saint-Rémy, d'aller faire la dédicace de la nouvelle église que cet abbé avoit bâtie; et comme Henri, roi de France, étoit à Laon à la Pentecôte de la même année mil quarante-neuf, l'abbé l'y alla trouver, et le pria d'honorer cette dédicace de sa présence, et d'y faire assister les évêques de son royaume. Le roi le promit, et l'abbé envoya des lettres par la France et les provinces voisines, invitant les fidèles de se trouvera

(2) ViUc. U, S»c. 0.

Ben. p. Ô88. l

(1) Martyr. R. 1 janu.

(2) Vita Saec. 6, Ben.

part. 1, c. 13. Elog. ibld.

(3) Glab. lib. 5, c. 1.

/l) Bibl.CIun. pag 349.

*>ta c. u.

(2) Viia Bibl.CIun. pag.

♦H. Boll. 22 apr. to 11,

(3) Hist.Dedic.n.7. Saec.

6, Ben. p. 715.

cette solennité. Le pape, étant parti de Cologne, vint à Toul à l'exaltation de la sainte croix ; et de là il envoya ses mandements aux évc^ues et aux abbés , pour se rendre à Reims le premier jour d'octobre, où il prétendoit tenir un concile après la dédicace.

Alors quelques seigneurs laïques qui se sentoient coupables de mariages incestueux et d'autres crimes contre la discipline de l'Eglise ; des évêques et des abbés , qui craignoienl qu'on n'examinât leur entrée dans ces dignités, et la conduite qu'ils y avoient tenue , représentèrent au roi de France que la gloire de son royaume seroit avilie s'il permettoit au pape d'y exercer son autorité, et s'il assistoit lui-même à ce concile : qu'on ne trouvoit point qu'aucun de ses ancêtres eût permis à un pape l'entrée dans les villes de France pour un tel sujet. Ils ne connoissoient pas, sans doute, le concile de Troyes, tenu par Jean VIII. Enfin, ils ajoutoient que la tenue des conciles demandoit des temps paisibles et tranquilles ; et qu'alors il y avoit de grands troubles par le peu de soumission de plusieurs seigneurs , qui usurpoient les terres et les châteaux du roi même. C'est pourquoi il devoit plutôt s'appliquer à pourvoir au bien de son état qu'à tenir des conciles ; qu'il devoit faire marcher contre les rebelles les seigneurs de son royaume , même les évêques et les abbés , qui y possédoient de si grandes terres. Et surtout l'abbé de Saint-Rémy, qui, enflé de ses richesses, avoit eu la vanité de faire venir le pape pour dédier son église. Gébuin , évêque de Laon, et Hugues, comte de liraine, étoient à la tête de ceux qui s'opposoient à ce concile. Le roi, persuadé de leurs raisons , manda au pape, par l'évêque de Sentis, que lui, ses évêques et ses abbés, étoient obligés à réprimer des rebelles ; qu'ils ne pou voient se rendre au terme préfix pour le concile, et qu'ainsi le pape différât sa venue en France à un autre temps , où le roi , délivré de ses affaires , pût le recevoir avec l'honneur convenable. Le pape répondit qu'il ne pouvoit manquer à la promesse qu'il avoit faite à saint Réray; qu'il iroit faire la dédicace, et tiendroit le concile avec ceux qui s'y trouveroient. Le roi , ayant reçu cette réponse , ne laissa pas de marcher contre le rebelles avec une grande armée , où les évêques et les abbés le sui voient malgré eux , excepté ceux qui craignoient de rendre compte au pape de leurs actions. Car ceux-là marchoient volontiers à la guerre. On amenoit avec eux l'abbé de Saint-Rémy bien afBigé j mais après un jour de marche on lui permi de retourner chez lui.

Le pape , étant parti de Toul , arriva à Reims le jour de Saint-Michel, accompagné des trois archevêques , de Trêves , de Lyon et de Besançon, de Jean, évêque de Porto, et de Pierre, diacre et préfet de Rome. Trois évêques de France qui se trouvoient à Reims, savoir, ceux de Sentis, d'Angers et de Nevers, al-

HISTOIRE DU CHRISTIANISME. [ An deJX: lOid.aOct

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