XV. Septigmg S€|8io{i
Ce fut la septième , tenue le lendemain treizième de février. Le recueil des passages des
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pères et des hérétiques produits par les légats du pape fut lu tout entier par Elienne,prétre et moine, qui étoit de leur suite (1). L'empt^reur leur demanda s'ils avoient d'autres passages à produire. Us répondirent : Quoique nous puissions en rapporter beaucoup d autres, nous nous contentons de ceux-ci , pour ne vous pas ennuyer. Mais nous vous supplions que l'on demande aux archevêques George et Macaire s'ils conviennent de tout le contenu dans les deux lettres du pape Agathon et de son concile (2). Gœrge et Macaire demandèrent copie de ces lettres , pour vérifier les passages sur ceux de la bibliothèque de Constantinople, avant que de faire réponse. Ce que l'empereur leur accorda , et ordonna que le recueil des passages produits par U^ Romains seroit scellé comme ceux de Macaire, tant de la part des magistrats que des deux partis j ce qui fut fait.
3ÇY1. Huitième session.
La huitième session fut tenue trois semaines après , savoir, le septième jour de mars , indiction neuvième , l'an six cent quatre-vingtun. L'empereur demanda à George de Constantinople , à Macaire d'Antioche et aux évéques de leur dépendance, s'ils convenoient du sens des deux lettres du pape Agathon et de son concile. Le patriarche George répondit : Seigneur , les ayant lues , et ayant examiné les livres qui sont chez moi dans la bibliothèque patriarcale , j'ai trouvé tous les passages des pt'res qui y sont rapportés conformes , sans aucune différence. Je m'y accorde , je le confesse , et je le crois ainsi. Théodore , évéque d'Ephèse, dit : Seigneur, je confesse et je crois, comme il e§t contenu en ces deux lettres , qu'il y a deux natures, deux volontés et deux opérations en Jésus-Christ. Sisinnius d Héraclée en Thrace, George de Cvzique , Jean de Chai cédoine, Sisinnius d'Hiéraple en Phrygie, George de Ryzie en Thrace , Grégoire de Mitylène, André de Méthymne, Sergius de Sélymbrie, Domitius de Prusiade , et Genès d'Anastasiople , en dirent autant (3).
Mais Théoilore , évéque de Mélitine en Arménie , s'avança au milieu de l'assemblée, et dit : Seigneur ,*je suis un homme rustique , et je demande qu'on lise ce papier. Jean , secrétaire de l'empereur , en fit la lecture. Il contenoit en substance : Les pères , dont les deux partis rapportent les passages , ont paru avant le cinquième concile ; et toutefois aucun des quatre conciles , ni le cinquième , n'a ordonné de rien enseigner touchant l'incarnation , sinon deux natures en une personne. Et nous demandons à votre majesté , qn\ a tant de zèle pour l'union des églises, de ne point permettre que Ion passe les bornes de nos pères , ni que l'on accuse aucun des morts : soit qu'il ait en- Ci ) P 72i G. Gombef. pro Act. syn. S 2. (2) Anast-'in Agath. y. (3j P. 7»»7W-
seigné une opération et une volonté , ou deux opérations et deux volontés, à moins qu'il ne soit du nombre des hérétiques condamnés par
les conciles.
L'empereur ordonna à Théodore de déclarer ceux qui avoient fait avec lui cet écrit (1). Il nomma Pierre, évéque de Nicomédie, Salomon de Clanée, Antoine d'Hypèpe, et quelques-uns du conseil du patriarche de Constantinople, savoir : George, diacre et garde-chartes ; Anasthase , diacre , notaire et défenseur des vaisseaux ; Etienne et Denis , tous deux diacres et chanceliers ; Anastase, prêtre et moine, et enfin Etienne, prêtre et moine , disciple du pa.triarche d'Antioche. L'empereur lui demanda encore : Qui vous a donné ce papier que voiis avez présenté? Théodore de Mélitine répondit : C'est cet abbé Etienne. El il le montra debout derrière le siège où étoit assis Macaire d'Antioche.
On passa outre à recevoir les suffrages de§ évéques de la dépendance de Constantinople, et George, évéque de Camuliane , dit : Je recois, seigneur, les deux lettres du pape Agathon ; je m'y conforme , je crois et je confesse deux volontés naturelles et deux opérations. Platon de Cinna et Théodore de Yèrisse en dirent autant ; et, après que ces quatorze eurent fait leur déclaration en particulier, tous les autres évéques dépendants de Constantinople s'écrièrent qu'ils étoient du même sentiment, qu'ils croyoienl deux volontés et deux opérations, et anathématisèrent ceux qui n'en admettoient qu'une.
Alors on revint à Théodore de Mélitine, et on lui ordonna de se lever, et de paroître au milieu de l'assemblée avec les évéques et les clercs qu'il avoit nommés , comme étant de son sentiment ; tous le désavouèrent , hormis Etienne , disciple de Macaire , et dirent : Il nous impose une fausseté ; l'écrit qu'il a présenté a été fait à notre insu, et nous sommes prêts à confesser la foi orthodoxe (2). Toutefois on déclara que l'écrit de Théodore donnoit un soupcx)n contre eux, et que, pour s'en purger, ils idonneroient en une autre session leur confession de foi par écrit, en presence des saints Évangiles.
Ensuite George de Constantmople s approcha de l'empereur, et dit : Seigneur, ordonnez que l'on mette dans les dyptiques le nom du pape Vitalien , car il en a été ôté sur une requête qui vous fut présentée de la part de mon église, de Macaire d'Antioche et des évéques qui se trouvoient à Constantinople a cause du retardement des légats envoyés de Rome. Faites-nous aussi rendre la requête, vous verrez aussitôt ceux qui communiquent à l'église catholique, ou qui s'en séparent pomr une seule personne. L'empereur lordoima ainsi , et le concile s'écria : Longues aaaces au grand empereur Constantin ! Longues an-
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HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[Ande J.-C.68I.