‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 130 sur 2407 · XIX. Second et troisième discours · texte numérisé non relu

XIX. Second et troisième discours

Au commencement du second discours, saint Jean Damascène se reconnoit obligé de parler pour soutenir la vérité , parce qu'il a reçu le talent delà parole, c'est-à-dire la commission déparier dans l'Eglise, ce qui semble marquer que dès lors il étoit prêtre. Il ajoute que quelques enfants de l'Eglise l'ont engagé à composer ce second discours , parce que plusieurs n'entendoient pas bien le premier. Il marque les divers artifices du démon pour séduire les hommes , l'athéisme , l'idolâtrie , les hérésies. Maintenant, ajoute-t-il, ce m^^me imposteur, qui a fait adorer autrefois jusqu'aux images des bêtes, non-seulement aux gentils, mais aux israélites, prend une autre forme pour troubler la paix de l'Eglise ; car il s'est élevé des gens qui disent que les merveilles que Jésus-Christ a opérées pour notre salut, et les combats que les saints ont rendus contre le démon , ne doivent pas nous être proposés dans des images pour les admirer , les honorer, les imiter ; il déclare encore qu'il ne veut pas prononcer anathème contre les auteurs de cette erreur, parce qu'il attend leur correction. II emploie les mêmes preuves que dans le premier discours ; mais, pour expliquer les paroles delà loi qui semblent condamner les images, il ajoute : Il faut examiner l'intention pour connoîtrela vérité d'un discours. Dans l'Evangile il est parlé des ténèbres, de Satan, de l'enfer ; nous ne laissons pas de le recevoir avec le respect et l'adoration convenable ; mais nous rejetons avec horreur les écrits des manichéens et des autres hérétiques, quoiqu'ils contiennent le nom de Dieu. Ainsi, quand il s'agit des images , il faut voir l'intention de celui qui en parle.

Il insiste ainsi sur la différence des deux puissances, la spirituelle et la temporelle. Jésus-Christ, dit saint Paul, a établi dans son Eglise des apôtres , des prophètes , des pasteurs et des docteurs (2) ; il ne dit pas des era pereurs , ce ne sont pas les rois qui vous ont parlé de la part de Dieu , mais les apôtres et les prophètes.

Le gouvernement politique appartient aux

(1) Gai. 1,8.

(2) 1 Cor. xii, 38.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

empereurs; le gouvernement de l'Eglise aux pasteurs et aux docteurs. Cette violence , mes frères, est un brigandage. Saiil déchira le manteau de Samuel, et perdit son royaume. Jésabel persécuta Elie, et fut mangée des chiens; Hérode fit mourir saint Jean , et mourut rongé de vers. Et maintenant or vient d'envoyer en exil le bienheureux Germain et plusieurs autres pères, dont nous ne savons pas les noms, n'est-ce pas un brigandage ?Et ensuite s'adressant à l'empereur : Nous vous obéissons, seigneur, en ce qui regarde la vie civile , comme les tributs et les impositions ; mais dans les matières ecclésiastiques nous reconnoissons nos pasteurs. Les chrétiens d'Orient regardoient encore les empereurs de Conslanlinople comme leurs princes légitimes, ils conservoient les lois romaines et la langue grecque, en laquelle écri voit saint Jean Damascéne. Il ajoute ensuite : Les manichéens ont composé un évangile selon saint Thomas; faites-en un selon l'empereur Léon. Je ne reconnois point un empereur qui usurpe le sacerdoce. Je sais que Yaîensen usa ainsi, persécutant la foi catholique , bien qu'il portât le nom de chrétien , et Zenon, et Anastase, et Héraclius, et Constantin, qui fut en Sicile, et Bardanne, surnommé Philippique. Ace discours, saint Jean Damascène joint les mêmes passages qu'il avoit rapportés à la fin du premier , mais il y en ajoute quelques autres de saint Chrysostôme, de saint Ambroise, de saint Maxime et de saint Anastase d'Antioche.

Le troisième discours pour les images ne contient presque rien qui ne soit dans les deux premiers ; mais il est suivi d'un plus grand nombre de passages.

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