XXVIII. Benoit, antipape
Cependant à Rome Grégoire, fils d'Albéric, comte de Tusculum, et Girard de Galère, ayant appris la mort du pape, s'assemblèrent de nuit avec quelques-uns des plus puissants de la ville , suivis d'une troupe de gens armés , et élurent pour pape Jean, évêque de Yélétri, qu'ils nommèrent Benoît (4). Pierre Damien, voulant observer le décret du pape Etienne, s'opposa à cette élection avec les autres cardinaux, prononçant anathème contre ceux qui l'a voient faite. Mais, comme ils étoient les plus forts , Pierre et les autres opposants furent obligés à s'enfuir et se cacher en divers lieux. C'étoit à Pierre Damien , en qualité d'évéque d'Ostie, à sacrer le pape, mais en son absence Grégoire et ceux de son parti prirent son archi-prêlre, l emmenant de force, et le contraignirent de couronner Benoît, le dimanche de la Passion , cinquième d'avril mil cinquantehuit. Il tint le saint-siège près de dix mois. Il donna le pallium à Stigand, archevêque de Canlorbèry, qui n'avoit pu l'obtenir des papes légitimes (5). Ce prélat, qui avoit déjà quitté un moindre évêché pour passer à celui de Winchester, abusa de la simplicité du bon roi Edouard, pour se faire donner l'archevêché sans quitter révêché, outre plusieurs abbayes. Il étoit habile pour les affaires temporelles, mais sans lettres, comme étoient alors presque tous les évêques d'Angleterre ; ainsi il traitoit
(3) VHa S. Hug.
(4) Chr. Cass. c. loi.
(5) Malmesbur. ponlif.
lib. I; p. 201.
il 2
AndeJ.-C. 1059.]