Ivo. Ep
c (3) Ans i, Ep.
(i) II, Ep. i:j. Ap. Ans.
II, Ep. M.
(2; Ivo. Ep. ;iO.
(3j Ep. Urb. Gall. Chr.
to. i, p. 381.
(4' II, Ep. 3i.
^5> Orderic. lib 999. Aim. contin.
VIII, p.
lib. v,
enfants, Louis, qui lui succéda, et la princesse Constance; et il envoya Berthe au château de Montreuil-sur-Mer, qu'il lui avoit donné pour son douaire , étant résolu d'épouser Bertrade , quoiqu'elle eût été quatre ans avec le comte d Anjou ; c'étoit en mil quatre-vingt-douze (1).
Le roi , ayant voulu faire entrer Yves de Chartres dans son dessein, ce prélat en écrivit ainsi à Renauld , archevêque de Reims {2) : Le roi m'invita dernièrement à une conférence, où il me pria instamment de lui aider dans le mariage qu'il vouloit faire avec Berirade. Je lui répondis qu'il ne le devoit pas faire, parce que la cause d'entre lui et son épouse n'étoit pas encore terminée; c'est que le roi prétendoit faire casser son mariage avec Berthe. Yves continue : Le roi m'assura que la cause étoit pleinement décidée par l'autorité du pape , par la vôtre, et par l'approbation des évêques, vos confrères. Je lui répondis que je n'en avois point de connoissance, et que je ne voulois point assister à ce mariage s'il n'étoit célébré par vous et approuvée par vos confrères, parce que ce droit appartient à votre église par la concession du pape et l'ancienne coutume. Comme donc je m'assure que, dans une affaire si dangereuse et si pernicieuse à votre réputation et à la gloire de tout le royaume, vous ne ferez rien qui ne soit appuyé d autorité ou de raison, je vous conjun» instamment de me dire la vérité de ce que vous en savez, et de me donner un bon cor seil, quelque dillicile qu'il soit à suivre; car j'aime mieux perdre pour toujours les fonctions et le titre d'evêque que de scandaliser le troupeau du Seigneur par ma prévarication.
Il écrivit aussi au roi en ces termes (3) : Je vous écris ce que je vous ai dit en présence, que je ne veux ni ne puis assister à la solennité de ces noces, sans être assuré, auparavant, qu'un concile général a approuvé votre divorce, et que vous pouvez contracter avec cette femme un mariage légitime. Si j 'avois été appelé pour l'examen de cette affaire en un lieu où je pusse sûrement en délibérer selon les canons avec les évêques, mes confrères , sans craindre la multitude indiscrète , je m'y rendrois volontiers, et je ferois, avec les autres, ce que nous dicteroil la justice. Maintenant que je suis appelé pour me trouver à Paris avec votre épouse, dont je ne sais si elle peut l'être , ma conscience , que je dois conserver devant Dieu, et ma réputation que je dois, comme évéque , avoir bonne au dehors, font que j'aime mieux être précipité une meule au cou que de scandaliser les foibles. Et loin que je croie, en parlant ainsi , manquer à la fidélité que je vous dois, c'est en quoi j'estime Vous être le plus fidèle, croyant qu'en cette rencontre vous faites grand tort à votre âme, et exposez votre royaume à un grand péril.
(Ij Chr. S. P.
(î' Ep. 13.
Yivi.
Yves envoya copie de cette lettre aux archevê" ques et aux évêques invités aux noces du roi> les exhortant à s'en retirer, et à lui parler har" diment, pour ne se pas rendre coupables par leur silence.
Mais , nonobstant ces remontrances , le roi passa outre; il épousa solennellement Bertrade, et ce fut l'évéque de Sentis qui leur donna la bénédiction nuptiale. Le roi, pour marquer à l'évéque de Chartres son ressentiment, le fit défier, c'est-à-dire qu'il lui déclara la guerre selon l'usage du temps , après quoi les terres de son église furent pillées , et luimême mis en prison par Hugues, seigneur da Puiset, vicomte de Chartres (1). Le pape Urbain, l'ayant appris, écrivit à l'archevêque de Reims et à ses suffragants, leur reprochant d'avoir souffert un crime si scandaleux. Nous vous ordonnons, ajoute-t-il, quand vous aurez vu cette lettre , d'aller promptement trouver le roi, pour l'avertir de la part de Dieu et de la nôtre, et l'obliger à se relever d'un crime si horrible. Que, s'il méprise vos avis, nous serons obligés, et nous et vous , d'employer le glaive spirituel contre ses adultères. Faites aussi la même instance pour la délivrance de notre confrère l'évéque de Chartres; que si «'lui qui l'a pris ne vous obéit pas, excommuniez et mettez en interdit les châteaux où il le retiendra et sa terre, afin que l'on ne fasse plus de telles entreprises contre des personnes de ce rang. La lettre est du vin t-septième d'octobre mil quatre-vingt-douze (2).
Le pape en envoya de semblables à tous les èvcHjues de France, car Yves de Chartres en parle, écrivant à Guy, sénéchal du roi, qui vouloit le réconcilier avec ce prince. J'ai vu, dit-il, des lettres que le pape Urbain a envoyées à tous les archevêques et les évêques de son royaume, afin qu'ils le mettent à la raison ; elles auroient déjà été publiées, mais, pour l'amour de lui , je les ai fait retenir jusqu'à présent, parce que je veux empêcher, autant qu'il est en moi, que son royaume s'élève contre lui.
Les principaux de la ville de Chartres a voient conjuré ensemble de faire la guerre au vicomte pour la délivrance de leur évoque. L'ayant appris, il leur écrivit pour le leur défendre absolument (3). Car, dit-il, ce n'est pas en brûlant des maisons et pillant des pauvres que vous apaiserez Dieu, vous ne ferez que l'irriter; et, sans son bon plaisir, ni vous ni personne ne pourra me délivrer. Permettez que je porte seul la colère de Dieu jusqu'à ce qu'il me justifie, et n'augmentez pias mon affliction parla misère d'aulrui; car j'ai résolu, nonseulement de demeurer en prison , mais de perdre ma dignité et même la vie plutôt que d'être cause que l'on fasse périr des hommes.
(1) Ep. U. Ivo. Ed. 19.
21,32. Ep. 35, to. X;Conc.
(2) Ep. 23.
(3) Ep. 20.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[ An de J.-C. looî
SouTcnez-Tous qu'il est écrit que Pierre étoit en prison, et que l'Eglise faisoit sans cesse des prières pour lui (1).