‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1629 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-QUATRIEME

(i) Libell. Hug. to. 2, r3) Ivo. Ep. m, 07, 8i.

Pœnjt. 1 hcod. p. 525. Sup. li?. lx, n. 40.

(2) Lrb. Episl. 30, to. x, (4) Berthold, 1095. Conc. p. iOi.

mariage avec elle , et le duc de Bavière , son père, travailla en vain aies réconcilier.

Cependant le pape Urbain avoit tellement pris le dessus, qu'il célébra un concile général à Plaisance, au milieu delà Lombardie et des schismaliques. Il y appela les évêques d'Italie, de Bourgogne, de France , d'Allemagne , de Bavière et d'autres provinces; il s'y en trouva deux cents , avec près de quatre mille clercset plus de trente mille laïques, et, comme il n'y avoit point d'église qui pût contenir une si grande multitude, il fallut tenir les assemblées en pleine campagne. Le concile commença le premier jour de mars mil quatre-vingt-quinze, qui étoit lejeudidela mi-carême , et dura sept jours. L'impératrice Praxède, autrement Adélaïde, vint s'y plaindre de l'empereur Henri , son époux (1). S'étant sauvée de la prison où il l'avoit mise, elle s'étoit retirée auprès de la comtesse Mathilde, qui la reçut avec beaucoup d'amitié , et l'amenaà ce concile. Praxède s'y plaignit des outrages et des infamies que l'empereur, son époux , lui avoit Hiit souftrir en sa personne , et les confessa publiquement. Et, comme le pape sa voit qu'elle n'y avoit point consenti, il la dispensa de la pénitence qu'elle auroit pu mériter. Mais elle ne laissa pas de se retirer dans un monastère, où elle mourut saintement , et ces crimes de Henri étant devenus publics , excitèrent plusieurs de ses partisans à l'abandonner.

Philippe, roi de France, envoya une ambassade à ce concile , et manda qu'il s'étoit mis en chemin pour y aller, mais qu'il en avoit été empêché par des raisons légitimes. C'est pourquoi il demandent un délai jusqu'à la Pentecôte , que le pape lui accorda à la prière du concile. Mais Hugues, archevêque de Lyon, qui avoit été appelé au concile, fut suspendu de ses fonctions pour n'y être pas venu , et n'avoir point envoyé d'excuse canonique.

Il vint aussi au concile de Plaisance des ambassadeurs d'Alexis Comnène , empereur de Constantinople , prier humblement le pape et tous les chrétiens de lui donner quelque secours contre les infidèles , pour la défense de l'Eglise , qu'ils avoient presque détruite en Orient. Car ils y étoienl si puissants , qu'ils venoient jusqu'aux murs de Constantinople. Le pape excita les fidèles à accorder ce secours, en sorte que plusieurs s'engagèrent par serment à faire le voyage, et aider fidèlement l'empereur de Constantinople selon leur pouvoir.

On renouvela en ce concile la condamnation de l'hérésie de Bérenger ; et on déclara que le pain et le vin , quand on les consacre sur l'autel , sont changés , non-seulement en figure , mais véritablement et essentiellement au corps et au sang de Notre Seigneur. On condamna aussi l'hérésie des nicolaïtes , c'està-dire des prêtres et des autres clercs majeurs.

(1) To. x,Conc. p. 501. Sup. n. 12.

qui prétendoient n'être pas obliges àl a continence ; on leur défendit de faire leurs fonctions , et au peuple d'y assister. On confirma tous les règlements des papes précédents sur la simonie , en défendant de rien exiger pour le saint-chrême , le baptême et la sépulture. On déclare nulles les ordinations faites par l'antipape Guibert , et par les autres évêques intrus ou nommément excommuniés , mais on use d'intelligence à l'égard de ceux qui ont été ordonnés sans simonie par des schismaliques ou des simoniaques , sans les connoître pour tels, ou qui ont renoncé aux égfises qu'ils avoient obtenues par simonie, sans toutefois que cette indulgence porte préjudice aux saints canons , hors le cas de nécessité. Le jeune des quatre-temps est fixé auxmêmes jours où nous l'observons encore. On défend de recevoir à la pénitence ceux qui ne voudront pas renoncer au concubinage , à la haine , ou à quelqu'autrc péché mortel (1). Qu'aucun prêtre ne reçoive personne à pénitence sans commission de l 'évêque ; et qu'on ne refuse pas les sacrements à ceux qui ne demeurent avec les excommuniés que par la présence corporelle , sans participer à leurs sacrements. On dit que ce fut en ce concile de Plaisance que le pape institua la dixième préface pour la messe , qui est celle de la vierge.

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