‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1685 sur 2407 · LIVRE SOIXANTE-CINQUIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SOIXANTE-CINQUIEME

sujet de sa retraite d'Angleterre : Je voyois plusieurs maux que je ne pouvois corriger, et qu'il ne m'éloit pas permis de tolérer. Le roi vouloit que je consentisse à ses volontés, qu'il appeloit ses droits , et qui étoient contraires à la loi de Dieu. Car il ne vouloit pas que Ton reconnut le pape en Angleterre sans son ordre, ni que je lui écrivisse ou que j'en reçusse des lettres. Depuis treize ans qu il règne, il n'a point permis de tenir de concile dans son royaume. 11 donnoit les terres de TEglise à ses vassaux , et si je demandois conseil , tous les évêques du royaume et mes suffraganls mêmes refusoient de me le donner, sinon conformément à la volonté du roi. Je demandai permission d'aller consulter le saint-siége sur mes devoirs. Le roi répondit qu il se tenoit offensé de la seule demande de ce congé, que je lui en fl.sse satisfaction, ou que je sortisse promptement de son royaume. J'aimai mieux sortir, et aussitôt le roi s'empara de tout 1 archevêché, laissant seulement aux moines le vivre et le vêtement ; et, nonobstant les avertissements du défunt pape, il continue encore dans cette usurpation. Voici la troisième année que je suis sorti d'Angleterre, j'ai dépensé le peu que j'avois emporté, et beaucoup plus que j'ai emprunté et que je dois encore; et je subsiste par la libéralité de l'archevêque de Lyon. Je ne le dis pas par le désir de retourner en Angleterre , mais pour vous faire connoître mon état ; au contraire , je vous conjure de ne me pas ordonner d'y retourner, sinon à condition que je puisse observer la loi de Dieu , et que le roi répare le mal qu'il a fait à mon église. Autrement il sembleroit que j'aurois été justement dépouillé pour avoir voulu consulter le saint-siège, ce qui seroit d'un dangereux exemple. Quelques-uns, moins éclairés, demandent pourquoi je n'excommunie pas le roi ; mais les plus sages me conseillent de n'en rien faire , parce qu'il ne me convient pas de me plaindre et de me venger tout ensemble. Enfin , les amis que j'ai auprès du roi m'ont mandé qu'il se moqueroit de mon excommunication.

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