‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1738 sur 2407 · LVI. Concile de Londres · texte numérisé non relu

LVI. Concile de Londres

Le roi d'Angleterre ayant assemblé sa cour à Pâques, qui cette année mil cent sept fui le quatorzième d avril {-2) : les règlements qu'il avoit résolu d'y faire touchant les églises furent différés jusqu'à la Pentecôte, parce que le pape avoit niardé de lui (»nvoy€T au concile de Troyes Guillaume de Varelvast et le moine Baudouin, qui avoient été auparavant députés à Home; et le roi espéroit apprendre à leur retour quelque chose de nouveau touchant les intentions du pape. Mais l'archevêque Anselme étant tombé dangereusement malade entre Pâques et la Pentecôte, le concile, qui se de voit tenir à cette fête, fut remis au premier d'août. Cependant il reçut une lettre du pape, par laquelle il lui permettoit de promouvoir aux ordres sacrés les enfants des prêtres, qui seroient recommendables par leur s( ience et leur vertu, attendu la grande multitude d'hommes de cette naissance qui se trouvoient en Angleterre (3). Ce que le pape n'accordoit toutefois qu'à cause de la nécessité du tenips et pour l'utilité de l'Eglise, sans préjudice de la discipline pour l'avenir. En général, il permet à Anselme d'accorder pour ces mêmes causes toutes les dispenses qu'il jugera nécessaires, suivant la barbarie de la nation. Ce sont ses termes.

Au commencement du mois d'août, l'assemblée des évéques et des seigneurs se tint à Londres, au palais du roi; et pendant trois jours de suite la question des investitures fut agitée entre le roi et les évéques en l'absence d'Anselme (4). Quelques-uns vouloient que le roi les donnât, suivant que son père et son frère en avoient usé ; mais l'autre avis l'emporta , qui étoit de se conformer à ce qu(^ le pape avoit réglé, en accordant au roi les hommages que le pape Urbain avoit défendus, et lui défendant

(1) Pœnit. Theod. to 8, p. 536. Sup. liv. LXIV, n. 21. Ab. Ursperg.

(%) Edmer I, novor.

(3) Paso. £pist. lOi.

(4) To. X, Couc. p. 755.

AndeJ.-C. 1107.1

seulement les investitures. Ensuite le roi s'y soumit publiquement en présence d'Anselme , etordcmna qu'à l'avenir personne en Angleterre ne rec'»vroit l'investiture d'un évêche ou d'une abbave par la crosse et l'anneau delà main du nii, ou de quelque laïque que ce lut; et Anselme déclara de son côté qu'on ne refuseroit la consécration à aucun prélat pour avoir fait hommage au roi. Ce qui étant ainsi règle , le roi, pnrle conseil d'Anselme et des seigneurs, donna des pasteurs aux églises d'Angleterre, qui presque toutes étoient vacantes depuis long-temps , mais sans leur donner aucune investiture. Il remplit aussi quelques églises de ^ormandie.

Cependant Anselme , en présence du roi , des évéques et des seigneurs , demanda à Gérard , archevêque d'York, la soumission qu'il ne lui avoit point encore faite depuis sa translation d'Erfort à York. Le roi lui dit qu'il ne lui paroissoit pas nécessaire que (iérard fit une autre soumission que celle qu'il avoit faite à son ordination, et Anselme y consentit pour lors, à condition que Gérard, lui louchant dans la main, piomeltroit de lui rendre, comme archevêque, la même obéissance qu'il lui avoit promise comme évêque. Ensuite ceux qui avoient été élus évéques allèrent à Cantorbery, et y furent ordonnés, le dimanche onzième d'août, par Anselme, assisté de ses suffragants. Ces nouveaux évéques étoient cinq , dont le plus remarquable étoit Guillaume de Varelvast, qui fut ordonné évêque d Excester Anselme écrivit au pape pour l'assurer que le roi d'Angleterre avoit renoncé aux investitures , et ne disposoit f)as des églises par sa seule volonté, mais s'en rapportoit entièrement au conseil des gens de bien. Il marque aussi le service que Robert , comte de Meulan, qui étoit le principal confident du roi , avoit rendu à lEglise en cette occasion.

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