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XLV. Saint Korberl, arclievôque de Magdcbourg

Vers le même temps, saint Norbert alla à Rome pour demander au pape Honorius la confirmation de son institut, quoiqu il leùt déjà obtenue des deux légats, deGélase II , Pierre de Léon et Grégoire , cardinal de Saint- Ange, par leur lettre donnée à JNoyonlevin thuitièmede juin mil cent vingt-cinq. Saint Norbert, étant arrivé à Uome, fut reçu du pape avec honneur, et obtint de lui tout ce qu'il désiroit , comme il paroît par la bulle du seizième février mil cent vingt-six, qui est la première en faveur de l'ordre de Prémontré (2). Le pape y confirme Linstilut en général; et en particulier les huit abbayes, qui étoient déjà fondées outre Premonlré, sans préjudice loulefoisdela juridiction desévéques diocésains.

Au retour de Rome, Norbert revint à Premonlré; el, comme le mariage du comte de Champagne qu'il avoit négocié ne s'accomplissoit point, il passa en Allemagne, à la prière du comte, pour en hâter l'exécution (31. Etant arrivé à Spire, il y trouva les dépulèsdu clergé et du peuple de Magdebourg, assemblés devant le roi Lolhaire pour élire un archevêque à la place de Kuquier, mort 1 année précédente, mil cent vingt-cinq. Quand on sut àSpire l'arrivée de Norl)erl , dont la réputation étoil déjà si étendue , on 1 appela pour prêcher et pour donner son avis sur les affaires qui se traitoi(>nl en cette assemblée, et dont la première fut celle de l'égiise de Magdebourg. H y avoit Uîi légat venu depuis peu de lloine , savoir, le cardinal Gérard, qui fut depuis le pape Lucius 111, el grand nombre de seigneurs. Par leur conseil, lesdepulèsnomnièrer.t trois sujets dignes de remplir le siège vacant, entre lesquels étoil Norbert , qui ne le savoil pas ; et comme ils avoic ni peine à se déterminer, Albéron, priuiicier de Alelz, el depuis an hevêque de Trêves, leur n»onlra du doigt seerèlemenl Norbert, eomine celui qu ils dévoient élire. Ans ilôt ils étendirent les mains el le saisirent , en disimt à cris redoab'és • Voici notre père el notre pasteur.

On l'enhva sans qu'il pût ni résister, tant son corps é.oil affo bli , ni songer à ce qu il avoit à faire ; on le présenta au roi , qui ap-

rouva le choix comme ti)us les assistants , et

c li'gat le confirma. On le mena à Magde-

de peuple et une joie universelle De si loin qu'il villa ville, il marcha nu-pieds, et suivit ainsi la procession, qui le conduisit à l'église et à son palais ; mais il étoil vêtu si pauvrement , que le portier lui en refusa l'entrée , et le repoussa en disant : Il y a long-temps que les autres pauvres sont entrés , tu ne devrois pas l'empresser et incommoder ces seigneurs. Ceux qui sui voient crièrent au portier : Que fais-tu, misérable? C'est notre évêque, c'e^t ton maître. Le portier s'enfuit pour se cacher ; mais Norbert le rappela et lui dit en souriant : Ne craignez rien, mon frère, vous me eonnoissez mieux que ceux qui me forcent d entrer dans ce grand palais , qui ne me convient point. 11 fut ensuite sacré, et gouverna l'église de Magdebourg pendant huit ans»

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