‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1889 sur 2407 · LXI. Conversion de l'abbé Su:;cr · texte numérisé non relu

LXI. Conversion de l'abbé Su:;cr

La conversion de Suger, abbé de Saint- Denis, arriva vers le même temps que celle de son evéque et de son métropolitain 4]; et s uni Bernard l'en félicita par une grande Litre, où il marque avec une sainte liberté le S an. laie qu'avoil causé dans 1 Eglise le lasle et

(1 i:. 11, 11, li, n. i8.

2) Gi.U.1. »\, \ll. 1 , D.

, f. iU, iii.

LXll. Réunion d'Argcnleuil à Saii.l Denis.

Il avoil t ouvé dans les anciens titres de son abbaye, que le nion.islere d Arg< uteuil a>o;t ete londe des le temp- des rois de la première race, el des lors donne a Saint-Lems {2) ; «jue Chaileinagiw I a\oil ob'enu pour>a tille Th<ndrade,qui s"eto:l cons; crée a « ieu, el iju il y fit abb s^e, à la (barge que, quand «Ile s roit morte, ce monastère relour»ieroil à S.àint-l)eni>. Al.ds les gu/ res civiles qui survinrent entre les enfants de Luis le d.b«>nnaiie en empéthènnt lexiculioii; el Arg<'rjieiiil dennuia une abbaye de lillis, qui du Idnps de Suger eloient en petit iHunbie, et meno!(*nl une vie siandaleuse. (/«si ce qu il repiesriiia dans un concile ti im à Paiis en piociKc du roi Louis, où présidoit le cardinal Alatthieu, e>éque d'Albaue, et où assistoienl Kainald, aichoéque de Keims, Etienne, evèqiie de Paris, Ce. ITroy , évéque de Chai 1res, Cosselin de Soiss ns ri plusieurs aut es (3). On y parla de la relorme de plusieurs iiionasterts, el entre autres de celui d'Argenleuil.

I.'abbe ^ug( r y produi.sit lis titres par lesqui'ls il laroissou que c. in« nastete a[)j;ail»i.oil à Saiiil-lJenis. ^ul cjuoi h* icgal, de lavis duioncile, lui ordonnadruh tlrecesreligieus. s

|;l, Sup. n -2. Luih. p 3J{.

" (î> De admin. c. a, lo, 4, i3; To 10, p. î>»7.

scandai uses en d"S monastères réglés, et d'envoyer à Ieu place des moines de son abbaye. Ce décret fut confirmé par !'< véque de Paris, ensuite par le pape llonorius, et enfin par le roi Louis, qui ren<mça a tout le droit qu'il pouvoit avoir sur ce monastèie, eomm ' témoignent ses lettres donriées à Reims l'an mil cent vingtneuf, en la < our sidennelle tenue à la fête de Pàipies, pour le sac re du jeune roi Philippe, SOI lils aîné. Depuis ce temps le monastère d'.\rgent(Hiil est demeure prieuré dépendant de labbayc do Saint-Denis.

LXîlI. Suite de l'hlsioirc d' Abailard.

Les religieuses qui enfun ntcbassérsavoient pour prieure l<i tameuse lleloïse, que son ami Abailard retira à un oratoiie qu'il venoil <le foudiT sous le nom du Parade., dans le dio cèst; de Troyes (t). Après qii il eut elé condanuK* au concile de Soi^s.ns,ct renvoyé à l'abbaye de Saint-Denis, il prit querelle av c les moines au sujet de I histoire de ce saint, composée par llilduin . et labb" Adam le menaça lie Tenvoy rau roi pour le [)unir, connue der géant à rnonneur de son royaume, dont il ne cn>y«»il pas que le patron fût l'areopagite (2). Abailard s'en uil de nuit, el se retira à Provins, sous la pr()'eclio!id'''l'hibaud, comte de (^haiiipagn^', et ensui e dans une solitude prés i\oi: nt-sur-S ine, dans le dioce>e de Troyes, où. du consentement d«' révéquellalloîi, il bàli. de roseaux el d 'chaume un oratoire au nom de la sainte iiinité, et y vécut quelque temps avec ua clerc.

Mais, s's écoliers layanl appris, ils vinrent le lrou\er de tous côtes, el bàlirent des cabanes autour de son ermitage, lui donnant toute ' qui etoit nécessaire p >ursa subsist uice; el comme son oratoire etoit trop p lit, ils le rebàlirent de pierre » t de bois. Alors Abiilard le iioinma le Parachd, parce qu il avoil trouve en ce lieu sa consolation (3). Quehjues-uns trouvèrent mauvais ce litre, prétendant (jU(^ l'on ne devoil p;»s dédier une église au Sainl- 1 spril en particulier, lum plus qu'au pén», mais au lil> s- ul , ou h la trinité, suivant 1 ancienne coutume; mais Abailird soutenoit que le non de l*arachl convenoi! à chacune des persoiuies divines. Alors, dit-il, mes anciens ennemis exeilLTetit «onlre moi deux nouveaux apôtres, en qui le monde avoil grande cre.ince* dont l'ua se van oit d'avoir i amené la vie des chanoines réguliers, l'autre celle des moines (i est sdnt Norbrl d saint Bernard dont il parle. L'un et l'autre, continuet-il , ali.tnt par le monde, et decl uuî:nl impudenmn'ut (onlre moi, me rendinnt pour un temps méprisable à quelijues puissiuiccs ecclésiastiques et séculières, et répandirent des

bruits si désavantageux de ma foi el de mos mœurs, qu'ils aliénèrent de moi mes princi paux amis; et obligèn^nt les autres à dissimuler leur affection. Dieu m'est témoin que dès que j'apprenois qu'il se tenoil quelqu'asserablée ecclésiastique, je croyois que c'éloit pcmr me condamner, et j'attendois aussitôt le coup de foudre. Souvent mon désespoir vint à tel point, que je me proj)Osois de quitter le pays des chreli<'ns et de passer ch( z les infidèles, pour y vivre plus en repos, en payant un Iribu ; ( t je croyois les trouver d'autant plus favorables . que sachant que. Fou m'accusoit de n'être pas bon chrétien , ils croiroient me pouvoir attirer plus facilement à leur secte.

En cel état, il fut élu abbédeSaint-Gildas en Bnlagne, au diocèse de Venues, et l'accepta pour se mettre à couvert de la persécution qu'il craignoit en Iranee. Mais il trouva un pays barbare, dont la langue lui étoil inconnue, et dont le peuple étoit inhumain el désordon.îé. Les moines de saint (}ildas etoient aussi déreglèsque le peuple, ("étoieul des hommes ind.K-iles el d'une vie S( andaleuse ; el un seigneur du paysavo.l|)^isocca^ion de leurs désordres pour s'emparer de tous les lieux situés pro( he du monastère, el charger les moines de plus d'''xaclions que des juifs tributaires. Ces moines, n .ayant plus rien vn < ominun , éloient réduits à s'entretenir chacun à leurs dépens avec leurs concubines et l;»urs enfanls , et ne l.ussoi( ni pas de presser leur nouvel abbé de It ur donner de qu i subsister, afin qu(» n'y pouv.iut satisfaire, i! fût réduit à les laisser en repos <ian> leur désordre ou à se relirer. Ainsi il fut bientôt dégoûté de ce nouvel établissement, eî trouva sa conlition pire en Bretagne qi en France. Il crut même que c'étoit une pnnilioi» di\ine pour avoir abandonné sa nouv( lie église du Pa:aclel , el c'est ce qui lui lit embrasser avec joie l'occasi.n d'y mettre lléloise lorsqu'elle fut ch:îssèe d'Argenleuil (l).

Quelques reiigi» uses du même monastère l'y suivirent; elles y vécurent d'abord dans une grande pauvreté; mais, avec le temps, lléloise, se faisatit aimer par son esprit, sa douceur et sa patience, attira les bienfaits des prélats et des seigneurs du voisinage; et le Paradel devint une abbaye de filles ccmsidèrable, comme clic l'est encore. Abailard les visiioit souvent; ce qui doima sujet à de mauvais bruits, c t à l'accuser d'avoir encore | our lldoïse un ai.aehement plus humain que spirituel. Elle, de son côté, n'en avoil que trop pour lui, c )iume il paroît par ces lettres écrites depuis C{^ temps, où l'on voit plus de tendress(^ que de modestie, et où elle affecte de montrer son es[)rit et s(m érulilion. Enfin elle avoue fran hemeit que ce n'est pas la dévotion, m .is sa déférence pour lui qui l'a engagée dans la profession monastique.

• ii

(1; Abailard, p.3i.

(3) Sup. n. il, p.

Sup. Iiv.xi.viii,n.50, p.*2S. i v3) P. 30. 1

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