‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1900 sur 2407 · IX. Concile de Reims · texte numérisé non relu

IX. Concile de Reims

Il convoqua un concile à Reims pour la Saint-Luc , où il appela tous les prélats de l'Occident ; mais, comme on s'y préparent , il arriva à Paris un accic'ent bien funeste (1). Le roi Louis le gros avoit fait couronner le quatorzième d'avril mil cent vingt-neuf Philippe, son fils aîné, bien fait et de grande espérance. Ce jeune prince courant par divertissement dans les rues après un écuyer , un pourceau s'engagea dans les jambes de son cheval , et le fit tomber sur le prince si rudement, qu'il en fut écrasé , et mourut la nuit suivante, sans confession ni viatique , âgé d'environ quatorze ans. G'éfoit le treizième d'octobre , et on l'enterra solennellement à Saint-Denis. Le pape, layant appris, envoya consoler le roi, son père, par Geoffroy, évêque de Châlons, et le cardinal Matthieu, évêque d'Albane ; et Suger et les autres confidents du roi, craignant à cause de sa mauvaise santé qu'il ne manquât tout à à coup , lui conseillèrent de profiter de l'occasion du concile, et d'y faire couronner Louis, son second fils, devenu l'aîné, pour éviter les troubles qui pourroient survenir.

Le dimanche, qui étoit le jour de Saint-Luc, dix-huitième d'octobre, le pape étant à Soissons , dédia l'église de Saint-Médard ; puis il se rendit à Reims pour le concile , qui dura environ quinze jours. Il s'y trouva treize archevêques, deux cent soixante-trois évèques, et un grand nombre d'abbés , de clercs et de moines françois , allemands , anglois et espagnols. Entre les abbés qui assistoient à ce concile, le plus distingué étoit saint Bernard , à qui le pape ne permt ttoit point de se séparer de lui, et le faisoit assister avec les cardinaux aux délibérations publiques (2). Des particuliers même s'adressoient au saint abbé pour leurs affaires; et il en faisoit son rapport à la cour du pape pour protéger les opprimés.

En ce concile , l'élection du pape Innocent

(1) SuççcT Vila Lud. p. 318. Oder. lib. Xiii, p. 8U5.

Chr. Maurin. p. 377.

(2) Vila S. Bcrn. lib. ii, c. 1.

HJSTOIUE DU CHRISTIANISME.

[Ande J.-C. IIM.

AndeJ.-C. 1131- ]

ricrro

fut so^onncllemonl approuva' , (1 Léon excommunié s'il w vcn 'il à résipiscence (1). On y publia aussi dix-sepl caisotjsde dis( ipline, d jà publiés au con ile de Cleruîonl di* Tannée precedenle , et rep;Hi's pour la plupart des conciles plus anciens, ueux qui me paroissenl les pliis rem.irq lables sont : iJéi'efise à qui que c»' soit d^ piller l-s bi ns des évéqu(»s moris, qui doivent èlre réservés pour l'utilité de Téjçlise et du succ'ss ur, sous la libre disposilion de l économe et du cler^ie. Ce (!anon SL'mble re^rarder les piinces qui se metloient en possession des évéches vacants, comme (<uil!aume le roux, roi dWn^'lelerre. Un aulre canon défend aux moines cl aux chanoines réguliers d'etuilier les lois ci\iles et la médecine pour en ga^^ner de Targenl [-2 . Car, ajoute le canon, (''est l'avarii-e qui les engage à se faiie avocats; et ils enq>loienl leur voix deslinée au ebani des p>anmes , à plaider des causes sans (ii>tinclion des jusies el des injustes. Or, les constitutions inq)eriab s témoignent qu il esl honteux aux cleics de vouliur èlre habiles plaideurs (^est aussi l'amour de l'argent (jui ei'g >ge I. s chanoines et les moines, co:ilre lesprit de leur profesMon , à mépriser le soin desàfues pour entreprendre la guérison di s corps humains, et arrêter leurs yeux sur des objets dont Ihonnélele ne permet pas mémo de parler. Enlin, on menace de déposition les évé»|u<'S et hs abbés qui consentcuit à «es désordres.

Un auteur, qui vivoil dans le même temps, ptrle foilemi'nt contre les moines avocats, qui méditoient les décrets et les lois au lieu de méditer les psaumes , qui cherchoieni à défendre les mariages ilbyllimes, en étudi int les généalogies, car cet it une des matières plus ordinaires de ï)rocès {'^) , qui passoient les Alpes «barges de papiers p »ur aller à Rome plaider la cause iTun prince séculii r 11 esl remarquable que le concile de Reims ne défend expressément qu aux religieux proies d être avoiats ( t médecins, comme le p( rujetlant tacitement aux clercs se( uliers , el vn eflet 1 ignorance des lai (ues rendoit iv mal nécessaire, puisque ces professloîts ne p uvenl être «'xercees que par des gens de h llics

Un aulre canon de ce concile défend les fêtes où les chevaliers s'as^end)^>ienl à un jour marqué pour faire preuviî de leur forct» et de leur adresse , c esl-à-dire les tournois ^4). La raison de I s défencire, est que I on y mettoit en péril la vie des corps et d sàm;'S , c'est pourquoi on refusi' la sepullure eeclési slique à ceux qui y mourront, quoi(juon leur accorde la penilence el le viali(|u<* s ils le dem md 'Ut. Mais il ne paroil point que ces défenses de l'Eglise , quoique souvent réitérées, aient eu aucun cllVl pour empêcher les justes et

(1) To X, Conc p.

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