‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1937 sur 2407 · Orelrr. lib. 13, p-UU · texte numérisé non relu

Orelrr. lib. 13, p-UU

l'habit monastique de saint Benoît. Comme la maladie augmenloit, craignant d élre surpris de la mort , il assembla des évéques, des abbes et plusieurs prêtres pour faire devant eux sa C(mfessi(m, et recevoir h' viatique; el , pendant qu'on s'y preparoil, il se leva , s'habilla, el vint au devant du corps de Notre Seigneur, ce qui surprit tout le monde. Là il confessa , devant tous les assistants, clercs et laïques, qu'il avoit commis bien des pèches dans le gouvernement de son royaume , puis il en investit s(m fils Louis, en lui donnant son anneau, et lui fit promettre de protéger l'Eglise et les pauvres , de conserver à ch.icun son droit, el ne faire arrêter personne dans sa cour qu'il n v eut commis quelque crime 11 donna aux pauvres tous ses meubles el ses habits , jusqu au\ chemises ; et sa ch ipelle , qui éloil très-riche , à l'abbaye de Saml-Dems.

Ensuite il se mit à genoux dexant le corps et le smg de Notre Seigneur, qu'on lui avoil apporté en proc ssion, après une messe qui venoit d êlre dile; el ainsi finit sa profession de foi : Moi Louis, pécheur, je conlessi' qu'il y a un seul vrai Dieu, i)ère et (ils <'t Saint-Esprit; qu'une personne de celte sainte Irinitè, savoir, le fils unique, consubstanliel et co-ét;Tnel à Dieu le père, s'esl incarne de la très-sacrée vierge Marie, a souffert, est mort, a dé enseveli, est ressuscité le tr(»isième jour, el monté aux cieux , est assis à la droile de Dieu le piTC, et jugera les vivants el les morts au grand et dernier jugement. Je crois que celle sainte eu( harislic est le même corps qu il a pris de la vierge, qu il a (hmnéà ses disciples pour s unir à eux et demeurer avec eux. Je crois fermement , que ce sacré sang «si \v même qui a coule de son côlè à la croix ; je désire ardemment d'êlH' fortifie à la mort par ce saint viatique, el protégé contre les puissances de lair. Il fit ensuite la confession de ses péchés, et recul Irès-dévolcmenl le corps el le sang de iSolre Seigneur ; puis, comme s'il eût commencé à se mieux porter, il retourna à sa chambre, il se fit p<»rler à Melun, et de là à Siiinl Denis; et partout le chemin on accouroit des châteaux et des villages pour le recommander à Dieu ; le peuple quittoil les ( harrues, et venoit prier pour ce prince, qui leur avoit conservé la paix. H arriva à cheval i\ Saint-Denis; el, s'élant prosterné devant les châsses des martyrs , il leur rendit grâce avec larmes, et leur demanda la continuation de

leurs suffrages.

Il lui vint alors des envoyés de Guillaume, duc d'Aquitaine, qui lui apprirent que ce prince, étant allé en pèlerinage à Saint-Jacques, étoit mort pendant le voyage; mais qu avant que de partir, et encore dans le chemin, il avoit laissé au roi le pouvoir de marier sa fille Aliénor, el de garder son état. Le roi accepta celle olTre avec plaisir, et promit de faire épouser la princesse à Louis, son flls aîné, qu il fit aussitôt partir bien accompagne, pour

aller prendre po^sessi'^n de l'Aquitaine, et ac- l'instruire de ce qui s'étoit passé à l'éleclioa

ccmiplir son mariage Le «lue Guillaume él<.it de 1 un et de 1 autre; après quoi le roi^ pren-

mort à Compostelle même, devant Taulel de ''~ ' ' ''' ~ ' *" " * ' ^ '^^" ''*" '^""

Saiul-Jacques, le vendredi-saint, neuvième

d'avril de la même année mil cent trente-sept. Les écrivains plus modernes l'ont confondu avec sim père, av<'c saint Guillem du Désert, plus ancien de trois cents ans, et avec saint Guillaume, ermite, mort en mil ( enl cinquantesept , et en (ml compté plusieurs fables (1).

Le roi Louis le gros éloil revenu à Paris, où les chaleurs excessives du mois de juillet le firent retomber dans la dyssenterie, qui le réduisit à l'extrémité (2). Il fit venir Etienne, évêque de Paris, et Gilduin, abbé de Saint- Victor, auquel il se Cimfessoit plus familièrement, parce qui l avoil bâti ce monastère de fond en comble. Il réitéra sa c<mfession, et reçut encore le viatique. 11 vouloit se faire porter à Saint-Denis pour accomplir son vœu de prendre Ihabit monastique, mais la maladie ne lui en donna pas le temps. Il fil donc étendre un lapis à terre, et par-dessus des cendres en croix, sur lesquels on le c(mcha ; el, ayant fait le signe de la croix , il y mourut le premier jr»ur d'août mil cenl trente-sept. H étoit âgé d'environ cinquante- six ans, et en avoil régné vingt-neuf. H {'i enterré à Saint-Denis. Sa vie fut écrite par l'abbé Suger, et t)n lisoil des leçons à l'olTice de s(m anniversaire (3). Louis, son fils aîné, lui succéda à l'âge d'environ dix-sept ans, et en régna quaranle-lrois : on le nommoit Louis le jeune, pour le distinguer de son père, el ce surnom lui est demeuré.

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