‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1975 sur 2407 · II. IMort de Jean Comnène. Manuel, empereur · texte numérisé non relu

II. IMort de Jean Comnène. Manuel, empereur

La même année, mais six mois auparavant, mourut l'empereur Jean Comnène. Ayant essayé en vain de r(»prendre Antioche sur les Latins, il passa l'hiver en Cilicie, où, chassant un sanglier, il se blessa à la main d'une flèche empoisonnée ; et le mal négligé d'abord devint mortel, parce que l'empereur ne voulut point se faire couper le bras (I). Se voyant à l'extrémité, il désigna pour son successeur Manuel, le plus jeune des deux fils qui lui restoient , mais le plus capable de régner. Il communia le jour de Pâques , quatrième d'avril, et mourut le huitième du même mois, ayant régné vingt-quatre ans sept mois et quinze jours. On le nommoit en grec Calo-Ioannes , c'est-à-dire le beau Jean. Plusieurs années avant sa mort, ayant remporté une victoire sur les Perses, il entra en triomphe à Conslantinople. Les rues ètoient tapissées , le char orné de clous d'argent et de pierres médiocrement précieuses étoit tiré par quatre chevaux blancs ; mais l'empereur n'y monta pas , il y fit mettre un tableau de la vierge, à laquelle il attribuoit sa victoire etmarchoit devant à pied, portant une croix.

Il reste une constitution de cet empereur, où il dit en substance : Nous avons appris que quelques gouverneurs des provinces, sitôt que les évêques sont morts, emportent tout ce qui se trouve dans l'évêché , soit en meubles, soit en argent, ou le font emporter par leurs officiers, feignant de n'y avoir point de part (2j. C'est, pourquoi nous ordonnons qu'à lavenir après la mort de l'évêque, aucun gouverneur ne prenne rien de ce qui lui appartenoit, soit à la ville, soit à la campagne, qu'il n'entre pas même dans l'évêché ou dans les autres lieux dépendants de l'église , ni lui , ni ses officiers, sous peine aux gouverneurs de payer à l'église lésée douze livres de monnoics, et d'en-

(1) Nleot. p. 27,.31.Gill- ]Xicot.

nani. lib p. 13.

(•2) Jus Gra'co-Rom. lib II, p. Ii7.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

(An deJ.-C. tus.

dioient Vastronomie, et les engagea à ce travail en les payant largement. L'inlenlion de l'abbé de Clugny fut de suivre l'exemple des pères, qui ne laissoient de leur temps aucune hérésie sans la combattre de tout leur pouvoir , et la réfuter par leurs discours et par leurs écrits. Il voulut combattre de môme cette secte,. qui occupoit alors près de la moitié du monde connu. Il exhorta premièrement saint Bernard à écrire sur ce sujet, comme

celui qui en étoit le plus capable ; et enfin , voyant que personn;) ne le faisoit, il l'entreprit lui-même, et l'exécuta en cinq livres , qui ne se trouvent plus, (^e n'est pas qu'il espérât grande utilité de ce travail pour la conversion des mahométans; maisilcroyoit qu'il seroit utile du moins aux chrétiens , pour leur faire connoitre l'absurdité de cette secte, et préserver de la séduction ceux qui sy Irouveroient exposés.

An de J-C.iua. ]

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