‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 1988 sur 2407 · XIII. Evêché (le Tournai · texte numérisé non relu

XIII. Evêché (le Tournai

Pendant que le pape Eugène étoit réfugié au delà du Tibre, il termina l'affaire qui duroil depuis si long-temps pour le rétablissement de l'évêché deTournay {-2). Les chanoines de cette église, ayant appris combien le nouveau pape éloit désintéressé , le firent instruire de leur affaire, et lui demandèrent sa résolution. Il répondit qu'il feroit tout ce que lui en manderoitl'abbé de Clairvaux. Les chanoines, a}ant reçu les lettres de saint Bernard , les envoyèrent à Rome par leurs députés , dont le chef étoit LetberU 11 expliqua au pape toute l'affaire , le suppliant de la terminer ; et comme le pape vouloit lui donner des lettres en vertu desquelles on feroit à Tournay une nouvelle élection , Letbert répondit qu'il ne sechargeoit jamais de telles lettres ; mais que si le pape vouloit lui donner de sa main un évéque tout sacré, il retourneroit avec lui , et qu'il seroit reçu à Tournay avec l'hcimeur convenable. Le pape, cédant enfin aux instances et à la fermeté de Letbert, lui demanda qui , dans sa cour, il vouloit choisir pour évéque. Letbert s'en rapporta au pape, qui assembla les cardinaux, et leur en demanda leur avis. Anselme, abbé de Saint-Vincent de Laon, et auparavant moine de Saint -Médard de Soissons, étoit venu à Rome pour quelques affaires de son église ; et il étoit très-connu à la cour du pape , qui le nomma pour évéque de Tournay. Letbert et les autres députés l'élurent aussitôt, et le présentèrent au pape pou rie sacrer. Anselme s'en défendit, disant qu il étoit attaqué d'une infirmité considérable, et qu'il devoit plutôt songer à la mort qu'à l'episcopat ; mais le pape persista , l'obligea à se soumettre par l'obéissance , et le sacra solennellement le quatrième dimanche de carême , qui , cette année mil cent quarante-six , étoit le dixième jour de mars. Ensuite, il fit expédier plusieurs lettres en sa faveur. La première adressée au clergé et au peuple deTournay, par laquelle il leur ordonne de le reconnoîlre pour évéque , et les absout du serment de fidélité ou d'obéissance qu'ils pourroient avoir fait à l'évoque de

[Ande J.-C. 1146.

(1) Ep. 2iî.

(2) Narrât. Toniac. Spicil. lu. 12, p. 483.

Noyon [\). La seconde lettre est adressée au roi de France, pour l'exhorter à reconnoître et protéger le nouvel évéque de Tournay. Ces deux lettres sont du quinzième de mars. Le pape écrivit aussi pour ce sujet à Thierry, comte de Flandre, à Simon , évéque de Noyon, à Samson , archevêque d(; Reims, el aux autres évéques de la province. Ces lettres eurent leur oiTet , et Anselme fut reçu sans opposition dans le siège de Tournay. Ainsi fut t<Tminée celte grande affaire [-l] , commencée cinquante ansauparavant, sous le pontificat d'Urbain II ; et l'évêché de Tournay est demeuré .séparé de celui de Noyon , après lui avoir été joint , depuis le temps de saint Médard, pendant six cents ans (3).

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