Tome III
continent après son ordination ; mais il craignit que , s'il envoyoit une lettre syuodique suivant la coutume, elle ne fût pas reçue, non plus que celles de ses prédécesseurs (1). C'est pourquoi il envoya seulement une lettre d'exhortation à la paix, et elle fut rendue au pape Donus. Ensuite l'empereur demanda au même Théodore et à Macaire , patriarche d'Antioche, résidant à Constantinople , quelle étoit la cause de leur division. Ils répondirent que l'on avoit introduit de nouvelles manières de parler des mystères , soit par ignorance , soit par une curiosité excessive ; et que, depuis le commencement de ces questions, il n'y avoit point eu d'assemblée de la part des deux sièges pour èclaircir la vérité. C'est ce qui fit résoudre l'empereur à convoquer un concile.
Il écrivit pour cet effet au pape Donus une lettre où il dit que le temps ne permet pas de faire une assemblée parfaite, c'est-à-dire un concile universel, apparemment à cause des èvêques de la haute Syrie, de Palestine, d'Egypte et d'Afrique , qui se trouvoient sous la domination des musulmans (2). Ensuite il prie le pape d'envoyer des hommes sages et bien instruits, qui apportent les livres nécessaires pour agiter et décider toutes les questions avec les deux patriarches, Théodose de Constantinople et Macaire d'Antioche, leur promettant une entière sûreté, même pour le retour, en cas qu'ils ne pussent convenir. Après cela , ajoute -t-il , nous serons justifiés au jugement de Dieu, car nous pouvons exhorter tous les chrétiens à l'union , mais nous ne voulons contraindre personne. Envoyeznous de votre sainte église trois hommes ou plus, si vous voulez , et de votre concile jus-
(1) Sacra GQûSl.t.O.Conc.p.59*. (2) P. 595, D.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[AndcJ.-C. 679.
qu'à douze êvéquos , compris les métropolitains. On voit ici la différence des députés du pape et de ceux des évéques d'Italie ou de tout |j , , .. rPmdenty car c'est ce que les Orientaux ap- Ve l . ': :*ptÇ>i^"t s^)n concile.
c" 'c ï •• .: • •L'empereur continue : Notre patriarche et yi* \ .•• eçlm* d' Ai'tioche nous ont fort pressé d'ùter V \ : ;[i>ltanend.^ (îypjïiques, disant que l'on y tait ' ' ' ' mention d'Hçnôrius pour l'hoilneur du siép^e \: :\\ apobtôïlcûi» de Rome(i) , et qu'ils ne peu- V /• V'eni^ÔMirrM»«que l'on fasse mention de ses successeurs, jusqu'à ce que l'on se soit éclairci touchant les mots dont on dispute entre les deux sièges. C'est que les deux patriarches de Constantinople et d'Antioche étoient monothélites ; ainsi, de» tous les papes , ils ne tenoient pour orthodoxe qu'Honorius. Mais , ajoute l'empereur , je n'ai pas consenti que Yilalien fût ôté des dyptiques , premièrement pour garder l'égalité et montrer que je tiens les uns et les autres pour orthodoxes , ensuite par reconnoissance de l'amitié que Yitalien nous a témoignée de son vivant dans le mouvement de nos tyrans : c'est la révolte de Mézéce (2). Et ensuite nous avons ordonné au patrice Théodore, exarque d'Italie, de donner à ceux qui viendront de votre part toutes sortes de secours, soit pour le transport, soit pour la dépense du voyage, et de vous donner même des vaisseaux de guerre pour vous escorter, s'il est besoin. La lettre est datée du douzième d'août, indiction sixième , c'est-à-dire l'an six cent soixante-dix-huit.