‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2015 sur 2407 · XXXV. Union de Savigny à Cîlcaux · texte numérisé non relu

XXXV. Union de Savigny à Cîlcaux

Au même concile de Reims, se trouva Serlon, quatrième abbé de Savigny, pour demander l'union de sa congrégation à celle de Cîteaux. Après la mort de saint Vital, les moines de Savigny élurent tout d'une voix, pour leur abbé, Geoffroy, homme très-noble, natif de Bayeux. Il avoit été moine dans l'abbaye de Cérisy, au même diocèse; niaisle désir d'une plus grande perfection l'en fit sortir, avec Serlon de Valbodon, son ami , qu'il y avoit attiré, et ils entrèrent à Savigny sous la conduite de saint Vital. Trois ans après , et vers Tan mil cent seize, Geoffroy fut fait prieur de Savigny, et enfin élu abbé , malgré sa résistance , en mil cent vingt-deux (1). Il augmenta l'austérité de r observance , quoiqu'elle fut déjà considt»rable , et fonda grand nombre de monastères par les libéralités de divers seigneurs , entre autres les Vaux-de-Cernai au diocèse de Paris, en mil cent vingt-huit, Foucarmont au diocèse de Rouen, en mil cent trente, et Aulnay au diocèse de Bayeux, en mil cent trente-un. Il en fonda aussi plusieurs en Angleterre, et mourut en mil cent trente-neuf, après avoir gouverné seize ans l'abbaye et la congrégation de Savigny. Il est compté entre les saints, et on lui attribue plusieurs miracles faits pendant sa vie et après sa mort.

Son successeur futEvan Langlois, natif d'A-

(1) Vita ap Bon. t. 20. 77. Ep. 235, 236, 239, 2i0. p. 188. Sup. hv. Lxvni, n. r , , ,

(1) Sup. liv. Lxvii, n. 10. Order. i. viii.

vranches , recor nmandable par sa science et sa picte, qui avoil été des premiers disciples de saint Vital; ma is il ne gouverna qu'environ un an : et Serloi i, disciple de saint Geoffroy, lui succéda dès l'ac mil cent quarante. H fonda quatre abbayes, entre autres, la même année mil cent quaran (e, celle de la Maison-Dieu de la Trappe, au d iocèse de Séez, qui s'est rendue si célèbre depuiîi cinquante ans. L'abbé Serlon étoit ferme dans son gouvernement , et assembloit règulièrencient tous les ans les chapitres généraux. Mais , voyant que quelques abbés d Angleterre négligeoient de s'y trouver, il résolut, avec les abbés de France et quelques Anglois, de se donner à saint Bernard , avec toute sa congrég alion. C'est pour ce sujet qu'il vint au concile de Reims avec Osmond , abbé de Baubec, fille de Savigny. Saint Bernard les prèsenla lui-même au pape Eugène, qui approuva leur dos sein : et, dès la même année mil cent quarante-huit, ils furent admis au cbapitre général de Citeaux , par l'entremise de saint Bernard. La congrégation de Savigny étoit alors com)3osée de trente-trois abbayes , sans les maisons de filles. Le pape Eugène confirma celle union par une bulle donnée à Reims, leonzi<»me d'avril mil cent quarantehuit, et toutefcis quelques abbés d'Angleterre s'y opposèrent ; mais , après bien des contestations, tous se soumirent à Clairvaux (1). Serlon vouloit s'y retirer lui-même dès lors; mais saint Bernard n'y consentit pas, et lui donna un de ses moines , nommé Thibaud , pour instruire ceux de Savigny des usages de Cîleaux. Ilsquillèrent leur habit, qui étoit gris, pour prendre le blanc, et se conformèrent en tout au reste de l'ordre. Après la mort de saint Bernard , Serlon se relira à Clairvaux , et y mourut saintement en mil cent cinquantehuit. Il reste de lui quelques sermons. Telle fut la fin de la congrégation de Savigny, dont j'ai tiré l'histoire, principalement du mémoire quele révérend père dom Claude Auvry, prieur de cette abbaye, a bien voulu me communiquer (2).

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