LXII. Archevêchés en Irlande
Jean Paperon, cardinal-prêtre du titre de Saint- Laurent , fut envoyé légat en Irlande par le pape Eugène dès l'année précédente, mil cent cinquante-un, et vint trouver le roi d'Angleterre, qui refusa de lui donner sauf-conduit s'il ne lui faisoit serment de ne rien faire en ce voyage au préjudice de son royaume (2). Le légat, indigné, retourna vers le pape , et la cour de Rome en sut mauvais gré au roi d'Angleterre. L'année suivante, mil cent cinquantedeux , Paperon revint et s'adressa à David , roi d'Ecosse , pour lui demander passage en
(DEp. 200. 2, Conc. p. 1130. Var»
(2; Jo. ilagulsl. d. lo. antiq. lib. c. 15.
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HISTOIKE DU CHRISTIANISME
Irlande. David le reçut avec honneur vers la Siiinl-Michel, et ainsi le légal arriva en Irlande, accompairné de Chrisliern , évnjue de Lisrnore, dans la mùiw) ile , aussi légal. Ils tinrenl un concile; dans le nouveau inonaslère de Mellifonl , ordre de Cileau\ , où se Irou vèrent les évéques, les abbés, les rois, les ducs elles anciens de l'Irlande, et de leur consentement on y élablil quatre archevêchés : à Arlïiach , à Dublin , à Cassel el à Touani , et on leur assigna leurs sulTragants. Les quaire premiers archevêques furent Gélase, autrement Giolla, Mac-Liah, archevêque d'Armarh et primat d'Irlande, successeur de saint Malachie (xrégoire ou Gréri, archevêque de Dublin,' Donat ou Domnaldo, Lonargam, archevêque de Dublin , Domnat ou Domnaldo , Lonargam archevêque de Cassel , et Edan ou Aeda Ohossm, archevêque de Touam (1). On voit, par cet exemple, comment les Irlandols latinisoient leurs noms pour les adoucir. Le légat Paperon distribua aux archevêques quatre palliums qu'il avoit apportés de Home. 11 assu ellit aussi les llibernoisà la loi des mariages, à laquelle ils n'éloient pas accoutumés , et corrigea chez eux plusieurs abus. Il quitta l'Irlande après Pâques, Tannée suivante, milcenl cinquante- trois et retourna par l'Ecosse, par où il étoit venu.'
LXin. Alain, évêque d'Auxcrrc.
En France, le siège d'Au\orre vaqua environ quinze mois après la mort de Hugues que saint llernard qualifie desaintevêque (2)! Il avoit été moine de Cîteaux et premier abbé de Pontigny, et mourut le dixième d'octobre milcentcinquante-un. Comme on vouloil procéder à l'élection selon la coutume, il survint un jeune homme qui interjeta appel, et défendit de passer outre jusqu'à ce qu'il eût été à Rome et en fut revenu ; mais , voyant qu'on meprisoit son appel , trois jours après l'élection faite par les autres, il assembla ceux qu'il put et fit une autre élection. L affaire ayant été portée au pape, il ordonnaencore une nouvelle élection, et commit pour y présider trois personnes , dont saint Bernard étoit un ; il s'accorda avec un des deux autres, mais le troisième réclama. Saint Bernard s'adressa au pape, qui confirma l'élection faite de la personne d Alain, Flamand de nation, qui, après avoir été élevé dès l'enfance dans l'église de l'Ile, se rendit moine à Uairvaux sous saint Bernard, et fut ensuite le premier abbé de Larivoir, au diocèse de Troyes , et gouverna douze ans ce monastère. On fit entendre au roi Louis que la première élection qu'il avoit permise n'ayant pas eu lieu , on n'a voit pu en laireune aulre sans une nouvelle permission; mais saint Bernard lui représenta que le premier consentement sufll-
(1) Sup. liv. Lwin.
(3) Hist. Anlist. loni. 1.
Bibl. Lab. p. i65. Mabill.
ad Epist. Beni. 280.
f.VndeJ.-C. 1153.
soit , et qu'il n'étoit pas nécessaire de recourir au nû toutes les fois que le clergé se trouvoit partagé sur ce sujet (1). Alain tint le siège d'Auxerre trente ans, après lesquels il le quitta par permission du pape, et retourna finir ses jours à Clairvaux.