GIS
^1) Eplst. â.
Kad. n, c. 52.
Eplst. ap. (2) Policrat. viii, c. 23, p. 08.
et le marteau, et maintenant il mettra, s' illni plait, sa main sous le fardeau dont il m'a chargé, car il m'est insupportable.
Il demanda un jour à Jean de Sarisbéry ce qu l'on disoit de lui et de l'église romaine. Jean lui répondit avec liberté : On dit que l'ègliM' romaine ne se montre pas tant la mère d<; toiles les éiilises que la marâtre. On y voit des scribes et des pharisiens (|ui mettent sur les èp.iules des autres des fardeaux excessifs, où ils ne louchent pas du bout du doi;,^t (t). Us tlominent sur le clergé sans se rendre l'exemple du troupeau ; :1s amassent dvs meubles précieux, et chargeni leurs tables d'or et d'argent, et toutefois ils sont avares pour euxmênjes. ils ne d(Hini'nt pDJnt d'accès aux pauvres, sinon quelquefois par vanité; ils font des concussions sur les églises, ils excitent des procès et conunellenl ensendde le clergé et le peuple, et croient qu(^ toutes \<\ religion consiste à s'enrichir. Tout y est vénal, la justice même; et ils imitent les démons, en ce qu'ils semblait faire du bien (jnaïui ils cessent de nuire. J'en excepte quelque peu (jui font leur devoir. Le f»ape même est à charge à tout le monde, et prexpie insupportable. On se plaint (ju'il bâtit des palais , tandis q\w. les églises tombent en ruine, et (pi il marche orné d'or et de i)i)urpre, tandis (pie les jiutels sont néglig('»s. El vous, dit le pa[)e, (|u'en pensez-vous:^ Je suis bien embarrassé, répondit Jean de Sarisbéry. Je crains de passer pour llalteur si je m oppose seul à la voix publique, o{ de l'autre (ôlé je crains de manquer d(» n^spect. Toutefois, puisque (iuy (élément, cardinal de Saintei^otentienne parle comme le public, je nose le contredire; car il S()iiti(nit (pi'il y a dans l'église romairjc un fond de duplicité et d'avarice qui e.st la source de tous les maux, et il le dit un jour publiquement dans rassemblée des cardinaux , où presidoil le saint pape Eugène. Je dirai toutelois hardiment, et selon ma conscience, que je n'ai vu nulle part d(*s ecclésiastiques plus v(M'tu ux et plî.'s ennemis de rawH'ite que dans reijlise romaine. Qui n'admirera le [neprisdes richesses en Bernard de Hennés, cardinal, diacit' de Saint-(](>me et de Saint-Damien? Celui don! il a re(;u quelque pnvseni ol eruon* à nnitre. Qui n'admirera le scrupule de lévêque de Préneste, {|ui s'abstenoil même de ce (ju'on n^çoil en conunun ? Plusieurs ont la «gravite et la mod(''rati(m de Fabricius, avec l'avantage de la véritablf religion.
Puis donc que vous me pr(*ssez, je dé. lare que Ion doil faire ce que vous enseignez, quoiqu il ne faille pas imiter en tout ce que vous faites. Tout le monde vous applaudit et vous Halte, on vous nonnne pèn* et seigneur. Si vous êtes père, pourquoi all(Midez-vous des présents de vos enfants? Si vous êtes seigneur, pourquoi ne vous faites-vous pas crain-
(1) Ibid.vi , c. 24 , p.38G. Mallh. xxiii, i. 1 Petr. V, 3.
dre des Romains vos sujets? Mais vous voulez conserver Rome à l'église par vos présents : est-ce ainsi que saint Sylvestre l'a acquise? Vous êtes, saint père, hors du droit chemin : doimez gratuiteuKMit ce que vous avez re(;u gratuitement. Le pape se prit à rire, et loqa Jc^an de Sarisbéry de la libiTlé av(^c laquelle il lui parloit, lui ordonnant de lui rapporter aussit('>t ce qu'il enlendroit dire de mal de lui. Puis, pour juslilicr les conlribulions que l'église romaine re^cevoil de toute la chrétienté, il allégua la fable <le l'estoiîJJic etde> membres, qui s(» plaignoienl qu'il proliloil seul de leur tiavail, et trouvèrcp.t par expérience qu'ils ne pou voient subsister sans lui. IMais pour faire l'application juste il eut fallu que l'église roumaine eût répandu sur toutes les autres les biens de même ne.ture que ceux qu'elle en recevoit.