‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2067 sur 2407 · II. .M). Sup. l. lAViir, II. 43. (3) Toru. x Coiic. p · texte numérisé non relu

II. .M). Sup. l. lAViir, II. 43. (3) Toru. x Coiic. p

(2) liai. Sa'c. luiH. 5, p. 181.

années. C'est que l'évêque Ililaire , qui avoit beaucoup de connoissance et de crédit en cour de Rome, prètendoitque, le monastère de Saint- IMartin étant dans son diocèse , l'abbé devoit lui prêter serment, venir à son synode et lui payer les droits épiscopaux. 11 prétendoit aussi droit de logement dans l'abbaye et dans les terres de sa dépendance. L'abbé soutenoit, au contraire, que le roi Guillaume le conquérant, en fondant ce monastère, l'a voit affranchi de toute sujétion d'évêques, comme l'église de Christ de Cantorbéry, el ce sont en effet les termes de la charte de fondation (1). L'abbé ajoutoit que cette exemption avoit été confirmée par Lanfranc, alors archevêque de Cantorbéry, et par Stigand , premier évêque de Chichester. L'évêque Hilaire et l'abbé Gautier ayant donc été appelés à la cour qui se tint à Saint-Edmond , le roi , occupé d'autres afliiires, les renvoya à Glocester, où il se rendit avec la même suite le jeudi de la Pentecôte.

Le lendemain vendredi , le roi, après avoir ouï la messe, commanda à l'abbé de représenter les chartes de son monastère. Elles furent lues par le chancelier Thomas Réquet, qui dit ensuite à Gautier : Seigneur abbé, l'évêque de Chichester emploie contre vous une raison qui semble très -forte, en disant que vous lui avez fait serment. L'abbé soutint qu'il n'avoit rien fait contre la liberté de son monastère, et le roi , regardant le chancelier, dit : Le serment ne nuit point à la dignité des églises ; ceux qui le font ne promettent que ce qu'ils doivent. Ainsi il assura qu il ne soutîriroit point que, de son temps, ce monastère perdit rien de sa liberté, qu il en parleroit à l'évêque et qu1l accommoderoit l'aiïaire; puis il se leva.

Le mardi , après l'octave de la Pentecôte , le roi entra le malin dans le chapitre des moines, acconjpagnè des deux archevêques Thibaud de Cantorbéry et Roger d'York, des évêques de Londres, d'Excester et de Lincoln, de deux abbés et de Thomas, son chancelier, de quel- (jucs comtes et banms, avec une grande nmltitude de peuple ; l'évê'que de Chi( h«»ster et l'abbé de Rel y éloient présents. On lut encore la charte de Guillaume le conquérant ; puis le chancelier dit à l'évêque qu'il pouvoit dire ce qu'il lui plairoit. Lévêque de Chichester se leva, et dit qu'il étoit prêt à s'accommoder avec Tabbé par la médiation du roi , sauf les droits de leurs églises, n'étant point venu préparé à se défendre au fond. jMais on lui dit qu'il falloil finir l'alTaire, qui navoit que trop duré. H reprit donc son discours en élevant la voix et dit : Aotre Seigneur Jésus-Christ a établi deux puissances en ce monde, l'une spirituelle, l'autre temporelle. La spirituelle est celle des pasteurs de l'Eglise et principalement du pape, qui a cette prérogative, qu'aucun évêque ne peut être déposé sans son jugement ou sa permission. 11 est vrai, dit le roi, quil

(1) 1M17G. Sup. l.\Ll,n.l'J xMoiiasl. Aug. lo.l, p.317.

ne peut être déposé, mais il peut être ainsi chassé. Ce qu'il dit en étendant les mains, et tous les assistants se prirent à rire. L'évêque reprit : Je le dis encore , tel est l'état de l'Eglise établi de toute antiquité , et aucun laïque, ni le roi même, ne peut donner aux églises aucune dignité ni liberté sans l'autorité du pape. 11 vouloit montrer par-là la nullité de l'exemption accordée par le roi Guillaume au monastère de Rel.

Alors le roi en colère dit : Vous prétendez arlificieusement vous appuyer sur l'autorité que le pape a reçue des hommes contre l'autorité royale que j'ai reçue de Dieu. C'est pourquoi je vous ordonne , par le serment que vous m'avez fait, de me faire satisfaction pour ce discours présomptueux contraire à ma dignité, et je prie , sauf le droit de ma couronne , tous les évêques présents de m'en faire justice. Il s'éleva dans rassemblée un murmure contre l'évêque , que l'on eut peine à apaiser. Le chaucelier môme lui fit des reproches, et le prélat, voyant tout le monde contre lui , fit des ex- ( uses au roi , soutenant qu'il n'avoit point usé d'artifice , ni prétendu diminuer en rien sa puissance. JNous n'avons pas le reste de cette relation , et nous ne voyons point comment l'affaire fut décidée; mais ceci suffit pour nous montrer combien Henri II, roi d'Angleterre, étoit jaloux des droits de sa couronne à l'égard de la puissance ecclésiastique. Au reste, ce qu'il disoit, que le pape a reçu des hommes son autorité, est faux à l'égard delà primauté qui lui appartient de droit divin; mais, à l égard du droit déjuger seul les évêques, dont il étoit ici question , il est vrai qu il ne le tenoit que des hommes par un usage fondé sur les fausses décrétâtes.

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