‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 208 sur 2407 · Martyr. R. 5 juin · texte numérisé non relu

Martyr. R. 5 juin

(2; Sup. I. xxiv, n. 13.

(3) T. 6, Conc. p. 1890.

(1) Mart. R. 14 oct.

(2) T. 6, Conc. p. 1G64.

tous les ans. Le premier au premier jour de mars, au lieu désigné par le roi , et en sa présence. Le second concile sera le premier jour d'octobre , à Soissons ou ailleurs , selon que les évêques en seront convenus au mois de mars Les métropolitains appelleront à ce second concile les évêques, les abbés et les prêtres qu'ils jugeront à propos. Le premier jour de mars étoit jusqu'alors le jour de l'assertiblée générale des François pour les affaires publiques ; mais Pépin , cette même année , la mît au premier jour de mai (1 ).

Les monastères seront réformés par les évêques ; SI l'éveque ne le peut, par le métropolitain; si le métropolitain n'est pas obéi, par le concile, si les abbés ou les abbesses n'obéissent pas au concile, ils seront excommuniés, et d'autres établis avec l'autorité du roi (2). Une abbesse n'aura point deux monastères, ne sortira du sien que pour cause d hostilité, ou étant mandée par le roi, une fois l'an, et du consentement de l'éveque. Les moines ne pourront aller à Rome, ou ailleurs, sans obé^ dience de l'abbé , mais ils pourront passer d'un monastère relâché dans un plus réglé, avec la permission de l'éveque. Les monastères royaux rendront compte au roi de leurs biens, les épiscopaux à l'éveque (3). On appeloit monastères royaux ceux que les rois avoient fondés : ils étoient indépendants des évêques , et soumis seulement à l'inspection de l'at-chichapelain.

Il n'y aura de baptistère public qu'au lieu ordonné par l'éveque ; mais les prêtres pourront baptiser partout , en cas de nécessité : hors duquel cas aucun prêtre ne s'ingérera de baptiser, ou de célébrer la messe, sans la permission de l'éveque (4). Ceux qui prétendent s'être tonsurés pour l'amour de Dieu , et vivent de leur bien, et sans reconnoître de supérieur, seront obligés à Vivre comme moines dans un monastère , ou comme clercs sous la main de l'éveque. Les évêques sans diocèse, et dont même l'ordination n'est pas ctmntie, ne feront aucune fonction sans la permission de l'éveque diocésain. Défense aux évêques, aux abbés , aux laïques même de prendre aucun salaire pour rendre la justice. On ne doit point observer le dimanche judaïquement comme les peuples faisoient encore. Tous pèlerins sont exempts de péages. Tous les mariages doivent être publics, tant ceux des nobles que ceux des innobles. L'excommunié ne doit point entrer dans l'église, ni boire ou manger avec aucun chrétien; aucun ne doit prier avec lui , recevoir ses présents, le baiser ou le saluer (5). Celui qui communique avec lui à son escient, est aussi excommunié. En suite de ce concile de Yernon , on trouve en quelques exemplaires huit articles attribués à un concile

CD Canon. 4. (4) C. 7, 8.

f2) Ann. Petay. t. 2, du (5} C. 9, 13, 14, 15, 19, Ches.p.7. 22,25.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

de Metz, qui regardent autant le temporel que la religion ; d'autres rapportent les cinq derniers articles au concile de Vernon, et les trois premiers à celui de Compiègne, de l'an sept cent cinquante-sept (1).

|XXIV. Saint Othmar calomnié.

Saint Othmar, abbé de Saint-Gai , fut obligé de se plaindre au roi Pépin des comtes Garin et Roadard , qui gouvernoient la province du Haut -Rhin, nommée encore alors Allemagne (2). Ces deux seigneurs s'approprioient par force une bonne partie des biens ecclésiastiques de leurs gouvernements , entre autres des terres du monastère de Saint-Gall. Saint Othmar, craignant que l'indigence ne ruinât la régularité de cette maison, alla trouver le roi Pépin , lui représenta la violence des gouverneurs, et lui déclara que lui-même s'en rendroit complice, s'il ne la réprimoit. Le roi parla à l'un et à l'autre, et les menaça de sa disgrâce, s'ils ne rendoient incessamment à l'Eglise ce qu'ils avoient usurpé. Mais , étant retournés dans le pays , loin d'exécuter les ordres du roi , ils ne cherchèrent qu'à se venger de celui qui les avoit attirés. Ainsi, comme saint Othmar retournoit se plaindre au roi , ils envoyèrent secrètement des soldats pour le ramener chargé de chaînes , et persuadèrent à un de ses moines, nommé Lambert, de l'accuser d'incontinence.

On assembla un concile l'an sept cent cinquante - cinq , où présidoit Sidonius , évéque de Constance, et abbé d'Augie ou Richenou. Le vénérable vieillard Othmar fut amené au milieu de l'assemblée, et le moine Lambert dit connoître une femme dont il avoit abusé. Saint Othmar ne répondit rien d'abord, mais étant pressé, il dit : J'avoue que j'ai commis beaucoup de péchés, mais sur cette accusation je m'en rapporte à Dieu, qui voit le secret de mon cœur. Il n'en dit pas davantage , quoi que l'on pût faire pour l'obliger à se défendre , sachant qu'il le feroit inutilement. Il fut donc condamné et renfermé dans le château de Potame , aujourd'hui Bodmen, où non-seulement on ne laissoit entrer personne pour lui parler, mais on fut quel-

3ues jours sans lui donner de nourriture. Un e ses moines lui en apportoit la nuit. Ensuite un seigneur nommé Gozbert ayant obt(»nu des gouverneurs de le laisser sous sa garde , l'enferma dans une île du Rhin nommée Stem, où il profita de la solitude, pour se donner tout entier à la prière et au jeune. Il y mourut quatre ans après , la septième année de Pépin, c'est-à-dire l'an sept cent cinquanteneuf, le seizième de novembre, jour auquel l'Eglise honore sa mémoire (3). Il avoit

[An de J.-C. 753.

(1) Conc.Met€ns.p.l65Q.

Coint. an. 745, n- 208.

(2) Vit. c. 4, tom.4, Act.

sanct. Ben. p. 157.

(I) Mart. R. 16 nov.

1 gouverné quarante ans le monastère de Saint-Gai, où son corps fut rapporté dix ans après, ayant été trouvé entier. Le moine Lambert, qui l'a voit accusé-, fut saisi de la fièvre aussitôt après sa calomnie ; et la maladie le rendit tellement contrefait, qu'il ne put se dresser ni lever la tète pendant le reste de sa vie. Il confessa son crime et l'innocence du saint.

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