LIVRE QUARANTE-TKOISIÈME
(1) Anasl. Paul. Ep. 12, (2) Sup. n. 10. t. 6. Conc. p. 1690. Sig. Ch. («) Anasl. an. 758. (4) Sup. n. 26.
bards , chrétiens et catholiques depuis plus de cent cinquante ans, eussent été les ennemis de la religion, plutôt que les Hérules et les Gotha ariens , à qui les papes n'avoient point fait difficulté d'obéir. Ou comme si le roi de France n'eût pas été libre d'examiner s'il étoit juste en soi, et utile à son état de faire la guerre aux Lombards (1). Ce qui est de remarquable, c'est que les lettres de ce pape , aussi bien que des autres, sont datées du règne de l'empereur de Constantinople comme étant toujours le vrai souverain de Rome ; et le sénat et le peuple de Rome, écrivant à Pépin, ne nomment point le pape leur seigneur, mais seulementleur pasteur et leur père (2).
Il est vrai que le pape écrivant à Pépin contre les Grecs , n'oublia pas l'intérêt de la religion , qu'ils persécutoient en Orient (3). Et pour le lui mieux faire connoître, il lui envoya copie d'une lettre qu'il avoit reçue du patriarche d'Alexandrie, par un moine nommé Côme (4), qui montroit l'intégrité de la foi des évêques orientaux , et leur zèle pour sa conservation. Il apprit que Marin , prêtre de l'église romaine, se trouvant en France , avoit donné à George ambassadeur de l'empereur Constantin des conseils contraires aux intérêts du roi Pépin et aux siens. C'est pourquoi il pria le roi de faire ordonner évêque le prêlrQ Marin , pour telle ville quïl plairoit au roi de choisir dans ses états. Afin, ajoute le pape, qu'il se repente de son crime, et de peur que le démon trouvant son esprit égaré , ne le perde sous prétexte de l'élever. C'est une espèce dç pénitence assez singulière ; mais un évêché si éloigné paroissoit un exil à un prêtre de l'église romaine. Aussi le roi Pépin , qui étoit content de Marin, pria le pape de lui donner le titre de Saint-Chrysogone, et le pape lui en envoya les provisions, témoignant qu'il ne désiroit que de satisfaire le roi (5). On voit encore dani l'affaire suivante, combien le pape Paul crai-» gnoit de déplaire à Pépin. Remédius ou Remy, frère du roi et archevêque de Rouen , avoit donné à Siméon, chantre de l'église romaine, qui se trouvoit en France, quelques moines, pour les instruire dans le chant ecclésiastique j maisavantqu'ils l'eussent parfaitement appris, le pape rappela Siméon à Rome. L'archevêque Rémi en fut fort aiïligé , comme témoignoit lo roi. Sur quoi le pape répondit : Soyez assuré , que , sans la mort de George , qui gouvernoit nos chantres , nous n'aurions jamais entrepris de retirer Siméon du service de votre frère. Nous lui avons recommandé d'instruire trèssoigneusement les moines , que vous avez envoyés, donnant ordre (ju'ils soient bien logés, et qu'ils demeurent ici jusqu'à ce qu'ils sachent parfaitement le chant ecclésiastique. Dans une
(1) Sup. I. XXIX, n. 5i, ^ a) Cod.Carol.Ep.J6.Ib. 35; I. XXX, n. 27, 49. Ep. 39.
(2) Cod. Carol. Ep. 36. (5) Cod.Car. Ep.25. Em.
(3) Epist. 7, Cod. Carol. Ep. 9, 32, Car. iS. I 34.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME
[AndcJ.-C.761.
AndeJ.-C.76!.]