‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2176 sur 2407 · XLIX. Sédition h Reims · texte numérisé non relu

XLIX. Sédition h Reims

Jean de Sarisbéry étoit réfugié à Reims , où, pendant l'été de cette année, mil cent soixantesept , il arriva un grand tumulte, comme nous l'apprenons par ce qu'il en écrivit à Jean , évêque de Poitiers, en ces termes (2) : Les bourgeois avoient conspiré contre l'archevêque par le conseil du clergé et avec le secours de la noblesse , parce que l'archevêque vouloit imposer à la ville des servitudes nouvelles et insupportables. Ils se saisirent des tours des églises et des maisons les plus fortes , chassèrent de la ville les officiers et les amis de l'archevêque, et lui firent plusieurs insultes. Ils lui avoient d'abord fait toute sorte de soumission et offert deux mille livres , pourvu qu'il les laissât vivre selon les droits, dont la ville avoit toujours usé depuis le temps de saint Rémi. Ils s'étoient aii^si adressés au roi Louis pour adoucir par son moyen l'archevêque , son frère; mais ils n'avoient pas réussi. Ils eurent donc recours à Henri , comte de Champagne, et , par son conseil, ils se soumirent au roi , que l'archevêque avoit amené pour réduire la ville. Le roi fit abattre environ cinquante maisons : ce qu'il fit à regret , et toutefois il ne satisfit pas son frère.

Trois jours après qu il se fut retiré , les bourgeois revinrent, et pour se venger abattirent les maisons des gentilshommes qui favorisoient l'archevêque, savoir, du vidame et d'un autre qui avoit été gouverneur de la ville. L'archevêque implora le secours du comte de Flandre , et l'amena avec mille chevaliers pour faire main-basse sur les bourgeois, ou les jeter dans des prisons. Mais ils prévinrent l'arrivée du comte, et vidèrent si bien la ville, que les Flamands y trouvèrent à peine de quoi sub-

Au de J.-C. 1107. j

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