LIVRE SOIXANTE-DOUZIEME
Tautreoccasion, ils n'avancèrent rien. Leroi vouloit toujours que Thomas promît l'observation des coutumes, sans restriction de l'honneur de Dieu ni de son ordre , et Thomas refusoit constamment de lui faire un serment que ses prédécesseurs n'avoienl point fait, et d'approuver ces coutumes, que le pape avoit condamnées. Le prieur Simon , rendant compte au pape de cette commission , dit ces paroles remarquables ' Nous avons prié le frère Bernard de vous écrire comme nous sur celle affaire , mais il a répondu que dans son ordre il est défendu à aucun des frères d'écrire pour aucune affaire, à vous ni à d'autres (1). Telle étoit la sévérité de l'ordre de Grandmont.
XIU. Thomas renouvelle les censures.
Thomas s'étoit plaint amèrement de ce qu'à la sollicitation du roi d'Angleterre le pape avoit suspendu .son autorité (2). Mais le pape , ayant levé celle suspense en cas que le roi ne satisfit pas avant le carême, Thomas avança ce terme de quinze jours , et manda à tout le clergé de la province de Kenl que , si le roi ne salisfaisoil dans la C^handeleur^ ils eussent à cesser dès lors entièrement l'olTice divin , excepté le baptême des enfants , la pénitence et le viatique, pour lequel on diroit la messe à huis-clos, sans son de cloches, et les excommuniés mis dehors. 11 leur ordonne encore de dénoncer excommunies Geoffroy Ridel et quelques autres, particulièrement ceux qui retiennent les biens des églises, ou reçoivent des bénéfices de la main des laïques. Il écrivit de même au couvent de la cathédrale de Canlorbéry, au chapitre de Douvres et aux monastères de la province, à Tarchevêque de Rouen , à son clergé et à son peuple (3). 11 écrivit à l'évêquede Winchester, etaprès avoir marqué qu'il a déjà passé cinq ans en exil, et que la négociation des nonces Gratien et Vivien a été inutile, il ordonne à ce vénérable èvêque, son suffraganl , de faire cesser l'oflice divin dans son diocèse, si le roi ne satisfait à l'Eglise dans la purification. Il écrivit de même aux autres évckjues, ses suffraganls, et joignit à celte lettre les noms des excommuniés, savoir : Gilbert, èvêque de Londres; Jocelin, èvêque de Sérisbéry ; Geoffroy Ridel , archidiacre de Canlorbéry ; Richard de Welchesler, archidiacre de Poitiers, et plusieurs autres, au nombre de vingt-huit en tout.
Thomas, écrivant au pape et aux cardinaux, s'étoit plaint , entre autres choses, que le roi d'Angleterre tournoit à son profit les revenus ! des évêquQS et des abbayes vacantes (4) , et ne souffroit pas que l'on y ordonnât des pas- ; leurs. Le pape en écrivit à ce prince une lettre, !
(1) IV, Ep. 8; IV, Ep. (3) Hl,Ep. 33,3i,38,35, 10, 8. 36, 52
(2) IV, Ep. 14, 15, 16. (4; ui,Ep. 79j IV, Ep.74.
où il dit (1) : Nous avons appris que vous teneren vos mains les évêchés vacants de Lincoln , Bath et Herford , et que vous empêchez que l'on n'y fasse d'élection libre, vous aliribuant, non- seulement ce qui est à César, mais encore ce qui est à Dieu C'est pourquoi nous vous prions et vous enjoignons , pour la rémissioQ de vos péchés, d'avertir le clergé de ces églises d'y faire des élections canoniques, et leur donner la p oterlion nécessaire pour cet effet, sans leur nommer les personnes qu'ils doivent élire , aulremenl nous serions obligés d'exercer contre vous l'autorité de saint Pierre. La date est de Bénévent, le neuvième d'octobre mil cent soixante-neuf.