‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2334 sur 2407 · XVI. Fin du schisme d Ecosse · texte numérisé non relu

XVI. Fin du schisme d Ecosse

Dès le commencement de cette année mil cent quatre-vingt-huit, le pape Clément III, voulant finir le différent entre Jean, évêque de Saint-André en Ecosse, et lluii:ues, son compt»titeur, avoit écrit sur ce sujet aux prélats du pays, aux rois d'Ecosse et d'Angleterre, et au clergé de l'église de Saint-André. Les lettres sont toutes datées de Pise, le s<'izième de janvier, et portent en substance : Hugues ne s'étant point présenlè au saint-siège suivant l'ordre du pape Lrbain III, nous l'avons déclaré déchu de l'évêché de Saint-André, et suspens de toutes fonctions épiscopales, et ses vassaux absous du serment de tidèliié. Et parce que les canons ne permellent pas que les églises demeurent long-temps vacantes, nous voulons que le chapitre de Saint-André élise un digne pasteur, et, s'il se pcMt, l'èvêque Jean,d(>nt nousconnoissons le mérite. H exhorte le roi d'Ecosse à recevoir cet évêque en ses bonnes grâces, et le roi d'Angleterre à y contraindre ce prince par l'autorité qu'il a sur lui (2). Ces lettres furent apportées par Jean, évêque de Durham, qui revint de la cour du pape après la Chandeleur, et le roi d'E cosse, en ayant ouï la lecture, se laissa enfin persuader de rendre ses bonnes grâces à l'èvêque Jean, il lui laissa la paisible possession de l'évêché de Dunquelde, avec la restitution des fruits, à condition que ce prélat renonceroit à toute prétention sur l'évêché de Saint-André. L évêque Jean se soumit à la vohmté du roi pour le bien d(» la paix. Hugues alla à Rome, et obtint une absolution du pape ; mais il mourut peu de jours après à Rome même, d'une maladie causée par la corrupticm de l'air, qui emporta plusieurs des cardinaux et des plus riches de la ville avec une grande multitude de peuple. Le roi d'Ecosse donna l'évêché de Saint-André à son chancelier Robert, fils de Robert, comte de Leicester, en présence de Jean, évêque de Dunquelde, et sans opposition de sa part. Ainsi finit cette affaire, qui duroit depuis huit ans.

(l)Ep.iii, Gil. VI, ^31. (2) P. 428.

(l) Chr. Reichcsp. ann. episc. Leod. c. 56.

1188. Chr. Claraval. eod. (2) To. 10, Conc. Ep. 1,

Otto.aS. Blase. 31. Anon. 2, 3, i. 5. Roger. Hoved. p

torn. 5. Canis. Claraval.an. OiG. S«{). liv LXAIII n 87

1187. /Egid. Aur. jal. de Kog. p. 649. » • *

n de J.-C. 1189. j

Le roi d'Ecosse, ayant satisfait le pape , voulut à l'avenir se mettre à couvert contre les censures des prélats d'Angleterre , que cette affaire lui avoit attirées (1). Pour cet effet, il obtint du pape un privilège, par lequel il ordonne que l'église d'Ecosse sera désormais soumise au saint-siège sans moyen ; il nomme les neuf évêchés qui la composoient alors, savoir : Saint-André, Glascow, Dunquelde, Dublin, Bréchim, Aberdon, Mauray, Rosse et Catne. Il ne sera permis, ajoute-t-il, qu'au pape ou à son légat à latere de publier interdit ou excommunication sur le royaume d'Ecosse, à peine de nullité. Personne ne pourra y exercer la fonction de légat s'il n'est Ecossois, ou tiré du corps de l'église romaine. Les différents pour les biens situés dans le royaume ne pourront être tirés à aucun tribunal du dehors, sinon à Rome par appel. La bulle est du treizième de mars mil cent quatre-vingt-huit. Jusque-là les évêchés d Ecosse étoient suffragants de la métropole d'York, dont on ne voit point que l'archevêque ait été appelé pour consentir à cette diminution si notable de Sii province ; et l'Ecosse demeura près de trois cents ans sans archevêque, jusqu'à ce que le pape Sixte IV érigea Saint-André et Glascow en métropoles, l'an mil quatre cent soixante-onze.

Page 1