LIVRE SOIXANTE-QUATORZIÈME
I deux royaumes. Le roi de France demanda l'accomplissement du mariage promis entre sa sœur Alix et Richard, comte de Poitiers; que ce prince lui fit hommage de ses terres, et que Jean, son frère, prît la croix. Le roi d'Angleterre le refusa , offrant seulement de faire épouser Alix à son fils Jean, qu'il ne craignoit p«is comme Richard, Ainsi on ne put s'accorder ; et le cardinal Jean d'Anagni protesta que, si le roi de France ne convenoit entièrement avec le roi d'Angleterre , il mettroit l'interdit sur toutes ses terres. Le roi de France répondit qu'il ne craignoit point sa sentence et ne l'observeroit pas, parce qu'elle n'étoit pas juste. Car, ajouta-t-il, il n'appartient pas à réglise romaine de porter aucune censure contre le royaume de France, quand le roi se met en devoir de réprimer ses vassaux rebelles, et de venger ses injures et les mépris de sa couronne. Il dit aussi que le cardinal avoit déjà senti les sterlings du roi d'Angleterre (1). Ce sont les paroles de Roger de Hoveden , auteur anglois.