XXIV. Concile de Rouen
Le roi Richard partit d'Angleterre au mois de décembre mil cent quatre-vingt-neuf, laissantle gouvernement du royaume à Guillaume de Long-Champ, évoque d'Eli, son chancelier; et, pour lui donner plus d'autorité, il obtint pour lui, du pape Clément , la légation d'Angleterre. Gautier, archevêque de Rouen, qui
(1) Sup. liv. xxxiii, n.
72) Abulfarage, p. T26.
Bibl. Or. p 801.
LAnde J.-C.1190.
devoit accompagner le roi Richard au voyag<' de la croisade , tint , avant que de parlir son concile provincial dans son église métropolitaine , le onzième de février mil cent quatrevingt-dix, lorsque l'on comptoit encore mil cent quatre-vingt-neuf, commençant l'année au vingt-cinquième de mars. Tous les évcViues ses sutîragants, y assistèrent avec plusieurs abbés, et on y publia trente-deux canons, la plupart répétés des conciles précédents, entre autres du concile général de Ijîtran , tenu sous Alexandre 111 , en mil cent soixante-dixneuf. On ord(mne premièrement, que toutes les églises sutîragantes se conformeront à lusage de la métropole dans les lectures et la psalmodie, c'est-à-dire dans lolTice divin (1). Que les calices seront d'or ou d'argent , et non d étain ; que l'on ne portera point le corps de Notre ^'eigneur sans luminaire, croix et eau bénite, et sans qu'il y ait un prêtre présent , sinon en cas d'extrême nécessité. On pouvoit donc absolument s'en passer. Les clercs qui , pour éviter l'examen de leurs évêques, se font ordonner outre-mer ou hors de la province , ne seront point admis par leurs évêques aux fonctions de leurs ordres. Le droit de procuralion des archidiacres est réduit en argent à iine somme modique. On défend les sociétés ou ligues de clercs ou de laïques, qui s engagent par serment à une défense mulu( lie pour toutes sortes d'aiïaires. On ordonne d'exconnnunier solennellement dans toutes les églises plusieurs coupables, entre autres ceux qui, par de faux serments, font perdre les droits de 1 Eglise, ou qui détournent frauduleusement les revenus de l'archevêque. Il y a même des cas où l'on renvoie le coupable à Rome pour l'absolution (2).