‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 2372 sur 2407 · C.IO · texte numérisé non relu

C.IO

(2) Koper, p. 758.

TOMF IV.

(3) Roger, p. 71-2.

(i) lUd. Dicel, p. 0T5.

sa rançon , et de satisfaire entièrement pour l'injure et le dommage qu'il lui a causé. Alors vous lui donnerez l'absolution, à lui et aux siens, et vous lèverez l'interdit jeté sur ses terres. Vous leur ordonnerez de plus , d'aller au plus tôt à la terre sainte , et d'y faire le service de Jésus-Christ autant de temps que le roi a été en prison. A faute de quoi , vous les remettrez dans l'excommunication. La lettre est du sixième de juin mil cent quatre-vingtquatorze.

Le duc d'Autriche aima mieux demeurer excommunié , à quoi on attribua les malheurs qui lui arrivèrent cette année (1). Toutes les villes de son duché furent brûlées sans qu'on en sût la cause ; le Danube en inonda une partie, où plus de dix mille personnes furent noyées. H y eut, pendant l'élè, une sécheresse extraordinaire , et des vers consumèrent les herbages; les plus nobles du pays moururent de la maladie. Tous ces fléaux ne le touchèrent point, et il jura qu'il feroit mourir les otages du roi d'Angleterre, s'il n'accomplissoit au plus tôt tout ce qu'il lui avoit promis. Mais la même année , mil cent quatre-vingt-quatorze , le lendemain de INoël , jour de Saint-Etienne , le duc d'Autriche étant sorti , son cheval tomba sur lui et lui rompit le pied, en sorte qu'il le lui fallut couper ; et , comme personne n'osoit faire cette opération , il la fit lui même , aidé par un valet de chambre , mais si mal , qu'on désespéra de sa vie. Alors il lit appeler les évéques et les seigneurs qui étoient venus célébrer avec lui la fête, et demanda aux prélats l'absolution des censures portées contre lui par le pape. Tout le clergé lui répondit, qu'il ne seroit point absous, s'il ne promettoit par serment de se soumettre au jugement de l'Egfise pour les faits dont il s'agissoit, et si les grands de son duché ne faisoient avec lui le même serment, et ne promettoienl de faccomplir pour lui si la mort le prévenoit (2).

Ayant reçu l'absolution à ces conditions , il commanda de délivrer les otages du roi d'Angleterre, et lui remit l'argent qu'il lui devoit. Il mourut ainsi ; mais le duc , son successeur , s'opposa avec quelques seigneurs à l'exécution de ses ordres ; c'est pourquoi le clergé ne permit point que son corps fut enterré , et il demeura huit jours sans sépulture jusqu'à ce qu'on eût délivré tous les otages. On leur offrit même quatre mille marcs d'argent pour reporter en Angleterre de ce qui avoit été payé de la rançon ; mais ils n'osèrent s'en charger à cause des périls du voyage.

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