LVI. Concile de Montpellier
En Espagne, Alphonse IX, roi de Castille, excite par Martin , archevêque de Tolède, qui commandoit ses troupes, pressa tellement les Maures, qu'ils appelèrent d Africiue à leur secours l'émir Almoumenin, ou prince des fidèles, Jacob, chef des almohades, résidant à Maroc. 11 passa en Espagre avec une armée immense, et défit les chrétiens à la bataille d'Alarcos, vers la Sierra Moréna, le dix-huitième de juillet mil cent qualre-vinfrl-quinze, de l'ère espagnole mil deux cent trente-trois, de l'hégire cinq cent qualre->in-l>o:ize (2). Le roi Alphonse ne vouîoil pas survi\re à sa défaite ; mais il fut sauvé malgré lui par les siens, et se retira en Trance. On croit que cette défaite fut l'occasion pour laquelle le pape Cch^stin envoya en Espagne le docteu' IMichel , notaire de l'église romaine, en qualité de légat.
Il passa à Mimtpellier , où il tiiit un concile avec plusieurs prélats de la province de Aar-^ bonne, au mois de; décembre de la même année mil cent qualre-viiiMt-quinze, et, de leur consentement, y publia les règlements suivants : On observera la paix, ou trè* v de Dieu selon les anciens décrets ; et le légat ajoute cette clause remarquable : que les sujets do celui qui rompra la paix seront absous du ser ment de fidélité qu'ils lui ont fait (3). On excommunie les pillards aragonois et leurs maynades ou compagni<'s , avec ceux qui leur donnent retraite ou protection. On donne ce privilège à ceux qui marcheront en Espagne contre les infidèles : qu'ils sont déchargés, eux et leurs cautions, des usures qu'ilsont promises suivant un décret du pape (Irégoire Mil , en faveur de la croisade pour Jérusalem , et' ils peuvent même répéter ks usures (lu'ils ont payées.
AndeJ.-C. 1196. ]
On recommande la sûreté de toutes les personnes qui voyagent sans armes, particulièrement les pèlerins. L'Eglise preiu sous sa proleclion les juifs ou autres infidèles convertis pour empêcher qu'on ne leur lasse aucun tort en leurs biens. On recommande aux clercs la modestie en leurs habits et la f["Sa»;l«^^,f leurs tables , pour apaise: la co ère de Dieu principalement en ce lemi s, dit le concile, ou les Sarrasins sont l(>s maîtres de la erre sainte, et ravaiïenl l'Espagne plus cruellement qua l'ordinaire. On confirme l'excommunication prononcée contre ceux qui a voient P"s ^u ranœnné Raymond, èvêque de Lodeve. E parce qu'il y avoit des hérétiques, ces -a-dire des albigeois en plusieurs endroits de la province, on laisse à la discrétion des évêques d user des interdits comme ils jugeront à propos , de peur que les interdits généraux et de longue durée ne donnent occasion à ces hérétiques de séduire les simples. On commencoità reconnoître l inconvénient de ces interdits inconnus a la bonne anliquilc , qui , laissant le peuple sans exercice de vraie religion, l'exposoieut a la tentation d'en prendre une fausse.
LVIl. 1^0 roi IMïilippe se remarie.