C.6. Mabill.Prœf.l.Saec. 3, n. 32, elc
ii) Id Diplom. p. 629.
(3j Tom. 0, Conc. p.
(i) Elog. p. 339, to. 4, Act. Ibid. p. 3il.
(5 y Hiiicmar. Opusc- 14, c. 15. Tom. 6, Conc. p 1828. V. Coinl. an. 785, u.
10, 17, etc.
ravant. La principale différence consiste dans les extraits des fausses décrétales d'Isidore, dontest remplie la collection d' Enguerrand; et c'est la première fois que nous trouvons ces décrétales employées.
La collection où elles se trouvent porte le nom d'Isidore Mercator, qui paroît avoir été Espagnol (1). 11 dit dans la préface, qu'il a été obligé à faire cet ouvrage par quatre-vingts évêques et autres serviteurs de Dieu ; et qu'après les canons des apôtres il y a inséré quelques lettres décrétales des papes, c'est-à-dire de Clément, d Anaclet, d'Evariste et des autres, jusqu'à saint Sylvestre; mais il ne dit point où il les a trouvées. Elles étoient inconnues à Denis le petit , qui recueillit deux cents ans auparavant les décrétales des papes, seulement depuis saint Syrice ; d'ailleurs elles portent des caractères visibles de faussetés (2). Toutes sont d'un même style, et qui convient beaucoup mieux au huitième siècle qu'aux trois premiers , longues et remplies de lieux communs ; et comme on a découvert en les examinant curieusement remplies de divers passages de saint Léon, de saint Grégoire, et d'autres auteurs postérieurs aux papes dont elles portent le nom. Leurs dates sont presque toutes fausses.
I.a matière de ces lettres en découvre encore la supposition. Elles parlent d'archevêques, de primats, de patriarches ; comme si ces titres avoient été reçus dès la naissance de l'Eglise. Elles défendent de tenir aucun concile, même provincial, sans la permission du pape, et représentent Ciimme ordinaires les appellations à Rome On s'y plaint des usurpations fréquentes des biens temporels des églises. On y met en maxime que les évêques tombés dans le péché peuvent, après avoir fait pénitence, exercer leurs fonctions comme auparavant, contre cequej'ai rapportéendiversendroits(3). Enfin la principale matière de ces décrétales sont les accusations des évêques; il n'y en a presque aucune qui n'en parle , et qui ne donne des règles pour les rendre difficiles. Aussi Isidore fait assez voir dans sa préface qu il avoit cette matière fort à cœur. Il y soutient qu'il y avoit plus de vingt canons du concile de Nicée, et parle du sixième concile, tenu l'an six cent quatre-vingt, ce qui montre qu'il ne peut être, comme quelques-uns ont cru , saint Isidore de Séville.
Outre les décrétales des papes , la collection d'Isidore contient les canons des conciles d'Orient , d'une version plus ancienne que celle de Denis le petit , et plusieurs canons des conciles de Gaule et d'Espagne. Cependant son artiGce, tout grossier qu'il étoit, imposa à toute l'église latine. Ses fausses décrétales ont passé pour vraies pendant huit cents ans ; et à peine
(1) Praef. Isid.to.l, Conc. (3) Ep. 27. Gallisti. c. 6, p, 3. to. 1, Conc. p. Olâ,
(2) Sup. 1. XXXII, n. 30.
HISTOIRE DU CHRISTIANISME