‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 327 sur 2407 · OU · texte numérisé non relu

OU

(4j Tora. 7 , Conc. p.

(5) V.Câng.GlossMancisa.

cette lettre ; et le pape fut si content de sa science et de sa vertu, qu'il lui donna une réponse très-favorable ; par laquelle il lui accorde le pouvoir d'excommunier même les rois et les princes soumis à sa juridiction qui violeront les commandements de Dieu , apparemment pour donner plus de poids aux censures par le respect du saint-siége. Au reste, le pape rend à l'archevêque toute l'autorité qu'avoient eue ses prédécesseurs , suivant l'ordre établi par saint Grégoire , tant pour l'ordination et fa confirmation des évêques que sur les monastères. En exécution de ce décret, l'archevêque Athelrade tint un concile à Bécaneld, où assista le roi Quénulfe , et y défendit aux laïques d'usurper les biens des églises. C'étoit l'an sept cent quatre-vingt-dix-huit, second du règne de Quénulfe, dix-sept évêques et quelques abbés souscrivirent à ce décret. Vers le mêntie temps , le même roi fil aussi tenir un concile en JNorthumbre , dont le royaume étoit éteint , le dernier roi Eihelbert ayant été tué en sept cent quatre-vingt-quatorze. Ce concile fut tenu à Finchald. Echanbald , archevêque d'York, y présida^ et on y ordonna le rétablissement de l'ancienne discipliMy principalement l'observation de la Pâque. Quelque temps avant ce concile, c'est-à-dire l'an sept cent quatre-vingt-treize , cinquième du règne d'Ëthelred , qui est le même qu'Ethelb^t , les Danois ou Normands firent une descente en Angleterre, pillant de tous côtés, et tuant les prêtres , les moines et les religieuses : le septiénàe de juin ils vinrent à l'église de Lindisfarne, dont ils renversèrent les autels et pillèrent tout le trésor (1 ). Ils tnèrent quelques-uns des moines , en emmenèrent d'autres , en chassèrent plusieurs, après les avoir dépouillés et traités indignement , en jetèrent quelques-uns dans la mer. Mais après qu'ils se furent retirés , les moines qui a voient pu leur échapper se réunirent près les reliques de saint Culhbert, leur patron (2) ; et le siège épiscopal ne laissa pas de subsister encore long-temps en celte église.

VU. Mort de Constantin. Irène, seule.

En Orient, le jeune empereur Constantînftrt emprisonné par les artifices de sa mère Irène, qui avoit gagné les principaux officiers ; et on lui creva les yeux avec tant de violence qu'il en mourut (3). C'étoit le samedi , dix-neuTlème d'août sept cent quatre-vingt-dix-sept, tndictioû cinquième. Il avoit régné en tout prés de dixsept ans, et Irène en régna seule encore dnq. Aussitôt elle rappela les exilés, entre autres saint Théodore : saint Platon fut aussi délivré de sa prison (4). Le patriarche Taraise lui fit des excuses de n'avoir pas tenu la même conduite que lui, et l'invita à la réunion qui se

(i) Simcon Dunelm. I.

Il, c. 5.

{%} Sup. llv. IX, n, 43.

(4) Vit. S. Plai. c. 5, n

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

fit entre eux, moyennant la punition du prêtre Joseph , qui avoit marié Théodole, et qui fut chassé et déposé.

Saint Théodore quitta incontment après Constantinople , et retourna à son monastère de Saccudion , où il rassembla son troupeau dispersé , et l'augmenta d'un grand nombre de personnes, que sa réputation atliroit de tous côtés ; mais quelque temps après il fut obligé de Tabaudonner , pour éviter les insultes des musulmans, qui faisoient des courses jusqu'aux portes de Constantinople ; il se réfugia dedans avec toute sa communauté, et y fut reçu avec joie par le patriarche et l'impératrice , qui l'obligèrent, par leurs instantes prières, à se loger dans le monastère de Stude (1). 11 éloit amsi nommé de Studius, patrice et consul, qui, étant venu de Rome s'établir à Constantinople, on ne sait pas bien en quel temps, fonda une église en l'honneur de saint Jean- Baptiste, accompagnée d'un monastère. Constantin Copronyme en avoit chassé les moines ; depuis ils s'y étoient rétablis , mais en petit nombre , et ils n'étoient pas plus d'une douzaine. Théodore y transféra sa communauté , et de son temps elle monta jusqu'à mille. Ce fut le plus fameux monastère de Constantinople , et Théodore est principalement connu sous le nom de Studite. Saint Platon craignit alors d'être obligé à reprendre le gouvernement de la commu nauté (2) ; c'est pourquoi il embrassa la vie de reclus, et fit profession d'obéissance à l'abbé Théodore, son neveu, en présence de témoins assemblés exprès ; et il observa ce vœu fort sérieusement. 11 étoit enfermé dans une cellule fort étroite et fort incommode, où il avoit le pied attaché à une chaîne de fer, qu il cachoit avec grand soin ; en sorte que presque personne ne le savoit. U\ il s'occupoit à la méditation , au travail des mains , et à donner des avis salutaires aux frères qui le consultoient.

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