‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 36 sur 2407 · XXXV. Saint Ansbert, etc · texte numérisé non relu

XXXV. Saint Ansbert, etc

En France , saint Ouen, archevêque de Rouen, ayant procuré la paix entre les François de Neustrie et d'Austrasie, vint en apporter la nouvelle au roi Théodoric III, à Clichy , près de Paris, où se tenoit l'assemblée des prélats et des seigneurs ; et , y étant tombé malade, il pria le roi de lui donner pour successeur Ansbert, abbé de Fontenelle, souhaité par le clergé et le peuple de Rouen (2). Saint Ouen mourut au même lieu le vingt-quatrième d'août, jour auquel l'Eglise honore sa mémoire , après quarante-trois ans d'épiscopat (3) . Trois ans avant sa mort , c'est-à-dire l'an six cent quatre-vingt-un , Yaranton étant maire du palais , le roi Théodoric avoit accordé à saint Ouen un privilège considérable, que dans l'étendue de sa province on n'établiroi t sans son consentement ni évêque , ni abbé , ni comte, ni autre juge. Sitôt que saint Ouen fut mort, le roi Théodoric manda saint Ansbert, sous prétexte de le consulter sur quelques affaires, comme il avoit accoutumé, car il étoit même son confesseur. Saint Ansbert , se doutant du sujet pour lequel il étoit mandé , refusa d'abord d'aller à Clichy ; mais, k»s ordres ayant été réitérés , il obéit et fut ordonné archevêque de Rouen par saint Lambert, archevêque de Lyon, et les autres prélats de rassemblée.

Saint Ansbert étoit né dans le Vexin , d'une famille noble ; son père l'avoit engagé à promettre d'épouser Angadrème, fille de Robert, chancelier du roi Clotaire III (4). Mais la fille , voulant se consacrer à Dieu , obtint par ses prières d'avoir le visage couvert de lèpre. Ses parents et son fiancé consentirent

3u'elle suivît sa vocation ; elle reçut le voile es mains de saint Ouen , et fut depuis abbesse d'Oroër, c'est-à-dire l'oratoire auprès de Beauvais. Saint Ansbert succéda à Robert en la charge de chancelier, et avança toujours dans

(1) Elmac. c. 12, p. 67. Sup. 1. xxxviii, n. 29. Frid. Chr. Orient, p. 204. Myss. ap. Coiul. an. 681. n.

(2) ViU.S.Aud. lib.ll, 29.

C 29. (4) Act. SS. Ben. t. 2, p.

(3) Martyr. R. 24 aug. 1048.

la piété au milieu de la cour. Enfin il la quitta secrètement , et s'en alla seul à Fontenelle, où saint Yandrégisille le reçut à la profession monastique , après l'avoir éprouvé selon la règle. Il se distingua tellement par sa vertu, que le saint abbé le prit en affection , et le fit ordonner prêtre par saint Ouen ; ce qui n'empêcha pas Ansbert de pratiquer le travail des mains comme auparavant. Saint Lambert, second abbé de Fontenelle , ayant été ordonné archevêque de Lyon en six cent soixanle-dix-huit, saint Ansbert , dont il prenoit souvent les conseils, fut élu abbé à sa p'ace tout d'une voix, et instruisit la communauté par ses exemples encore plus que par ses discours (1). Sa charité se répandit même au dehors. Il bâtit dans le monastère trois hôpitaux, où ilretiroitles pauvres ; et plusieurs séculiers venoient le consulter sur leurs besoins spirituels , et lui confesser leurs péchés. Plusieurs se firent moines , pluiseurs donnèrent de leurs biens au monastère.

Etant archevêque de Rouen, il prêcha assidûment, il soulagea les pauvres, il répara les églises, et pour cet effet abandonna les droits qu'il pouvoit prétendre sur les cures. La cinquième année de son pontificat, seizième du roi Théodoric, six cent quatre-vingt-neuf de J.-C, il tint un concile, où assistèrent quinze autres évéques , dont étoient les archevêques de Tours et de Rheims (2). Il y accorda un privilège à l'abbaye de Fontenelle, portant entre autres choses^ que les moines y observeroient la règle de saint Renoît, et que, s'ils y manquoient, ils seroient réformés par les évéques assemblés.

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