‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 383 sur 2407 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

(4) An. Egip.h. etc. an.

(5) Theoph. p. i39, G.

qu'il n'est pas permis aux ecclésiastiques de condamner à mort. Ils suivoient en ce point l'ancienne tradition de l'Église; toutefois l'abbé Théophane , célèbre par sa doctrine et par sa vertu, rapportant ce fait dans son histoire, traite d'ignorants et de mal intentionnés ceux qui donnoient à l'empereur un tel conseil, et prétend montrer par l'Ecriture qu'il faut faire mourir de tels hérétiques à cause de leurs abominations, et du culte qu'ils rendoient aux démons , soutenant qu'il étoit imp(»ssible qu'ils fissent pénitence.

Os hérétiques, que l'on nommoit alors pauliciens ou athinganes, étoient répandus en Phrygieeten Lyconie; mais leur principale résidence» étoit en Arménie, province voisine de la Perse, et autrefois sujette à son empire. Or, la Perse étoit la source de Manès et de sa secte. Elle prit une nouvelle face vers le milieu du septième siècle. Car sous le règne de Constantin, ou plutôt Constant, petit-fils d'Héraclius, il y avoit un Arménien, nommé aussi Constantin, dans le bourg de Manala , près de Samosate (1). 11 reçut dans sa maison un diacre captif, qui venoit de Syrie et retournoit en son pays (-2), portant deux livres, TEvangile et les épilres de saint Paul, qu'il donna à Constantin, en reconnoissance de son hospitalité. Constantin, qui étoit manichéen, voyant que sa doctrine étoit en horreur à tout le monde, à cause de ses blasphèmes et des impuretés qu'elle contenoit, résolut de la renouveler, et, de ne faire lire autre livre que ces deux, l'Evangile et saint Paul, mais de les expliquer de manière qu'on y trouveroit toute la doctrine de Manès. Il supprima donc tous les livres des manichéens, et d'autant plus volontiers, que l'on punissoit de mort ceux qui les avoient, suivant les lois des empereurs chrétiens. Il rejeta les rêveries des valentiniens et leurs trente éones (3) , la fable de Manès sur l'origine de la pluie, qui étoit la sueur d'un jeune homme courant après une fille, et quelques autres absurdités pareilles ; mais il conserva les impuretés et les abominations de Rasilide. C'est ainsi qu'il réforma le manichéisme : en sorte que ses sectateurs ne faisoient point de difficulté d'anathématiser Scytien , Boudas et Manès lui-même ; mais ils tenoient pour des apôtres Constantin et ceux qui le suivirent (4). Car Constantin, montrant à ses disciples son livre de saint Paul, leur disoit : Vous êtes les macédoniens et je suis Sylvain, que Paul vous a envoyé. Il quitta son bourg de Manalale, et vint s'établir à Cibosse, petite ville prés de Colonie en Arménie, où il demeura vingt -sept ans, et séduisit grand nombre de gens du pays. Enfin l'emporeur en étant averti y envoya un oflicier, nommé Siméon, avec ordre de faire lapider Constantin

(1) Petr. Sicul. p. 40.

Gedr. lo. 1, p. i32.

(2; Sup liv.,\\.\vuj, u.

(3) Sup. I. III, n. 27.

(4j Sup. I. VIII , n. 10 , 11, 12.

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

[ Ao de J.-C. 811

AndeJ-C.811.]

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