‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 428 sur 2407 · XXXIII. Lettres aux patriarches · texte numérisé non relu

XXXIII. Lettres aux patriarches

Théodore écrivit seul au patriarche d'Alexandrie, qu'il ne nomme point, et peut-être ne savoit-il pas son nom, à cause de la difficullé du commerce sous la domination des musulmans (2). En cette lettre il décrit plus exariement la persécution , supposant que celui àquiil parle en est moins informé, et dit : Les autels sont renversés , les églises défigurées, même dans les monastères. Peut-être l'Arabe qui vous opprime auroil-il honte de ne pas montrer plus de respect pour Jésus-Christ. Et ensuite: Les évêques et les prêtres, les moines et les séculiers, tout est sans force. Les uns ont entièrement perdu la foi, les autres, la conservant , ne laissent pas de commu iquer avec des hérétiques. Il en reste néanmoins qui

(1) Vitan. 16, 1, Ep. 12. (2) Ep. 11.

n'ont point fléchi le genou devant Baal , et notre patriarche tout le premier Mais les uns ont été outragés et fouettés , d'autres mis en prison et réduits à un peu de pain et d'eau d'autres envoyés en exil ; d'autres habitent dans les déserts, les montagnes et les cavernes. Quelques-uns ont fini leur martyre sous les coups de fouet , quelques-uns ont été jetés de nuit dans la mer, enfermés dans des sacs. Enfin on anathématise les pères, on célèbre la mémoire des impies, on nourrit les enfants dans Terreur, par le livre qui a été distribué aux maîtres d'écoles. On n'ose parler de la sainte doctrine. Le mari se défie de sa femme, tout est plein d'espions pour avertir l'empereur si quelqu'un parle contre ses intentions, s'il ne communique pas avec les hérétiques, s'il a une image ou un livre qui en parle , s'il a reçu un exilé ou servi un prisonnier. Quand il est découvert, aussitôt il est pris, déchiré de coups, banni. Cettecrainte rend les maîtres soumis à leurs esclaves. J'implore donc, au nom de tous , votre assistance ; quand vous ne pourriez nous secourir que par vos prières, elles nous seront très-utiles en ce pressant besoin.

Il envoya au patriarche d'Antioche la même lettre qu'à celui d'Alexandrie ; mais celle qu'il adressa au patriarche de Jérusalem est différente. Vous êtes , dit-il , le premier des patriarches , quoique le cinquième en nombre, à cause de la dignité du lieu où Jésus-Christ a vécu (1 ). Il le prie de favoriser le moine Denis, port<'ur de la lettre , pour rendre les autres dont il éloil chargé , apparemment aux deux autres patriarches et aux abbés de Palestine; car Théodore ècrivoil aussi à l'abbé delà Laure de Saint-Sabbas et à ceux de Sainl-Thèodose, de Saint-ChariloneldeSaint Eulhymius (2) : avec toutes ces lettres, èloient des copies d'un écrit des iconoclastes, et de la réfutation faite par saint Théodore.

Quoiqu'il témoigne n'attendre autre fruit de ces lettres, que des prières, il y en avoit encore un bien grand de faire voir, par les réponses, le consentement de toutes les églises en faveur des saintes images; car ces Orientaux n'étoient point retenus par la crainte de l'empereur de Constantinoph». Le patriarche Melquite d'Alexandrie étoit Christofle, celui d'Antioche étoit Job. 11 ne paroit de réponse ni de l'un ni de lautre; mais il y en eut certainement de Thomas, patriarche de Melquite de Jérusalem, qui étoit eniré dans ce siège l'an huit cent onze, et le tint dix ans , comme il a été dit , c'est-à-dire jusqu à l'an huit cent vingt-un (3). Il envoya mêmeà Constantinople, pour soutenir la cause de l'Eglise, deux moines de Saint-Sabbas, nommés Théodore et Théophane. Ils èloient frères et de Jérusalem.

An de J.-C. SiT-I

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