XXXIV. Le pape soutient les catholiques
Le patriarche Théodote de Constantinople écrivit de son côté au pape Pascal, et lui envoya des apocrisiaires , mais le pape ne voulut pas les voir, et les renvoya de loin. Saint Théodore Studite l'en remercia par une lettre où il dit : Vous êtes, dès le commencement, la source pure de la foi orthodoxe; vous êtes le fK)rt assuré de toute l'Eglise contre les tempêtes des hérétiques, et la ville de refuge choisie de Dieu pour le salut. Il chargea de cette lettre son disciple Epiphane, à qui il en donna aussi une pour Mèlhodius, apocrisiaire du patriarche JNicéphore à Rome(l). Il étoit Sicilien , né à Syracuse de parents nobles et riches. 11 apprit la grammaire, Ihistoire et l'art d'écrire en notes, et, étant en âge d homme, il vint à Constantin«)ple, avec beaucoup d argent , dans le dessein de s'avancer dans les charges de la cour et de vivre splendidement ; mais un saint moine, à qui il avoua son dessein, lui conseilla de chercher plutôt les biens éternels, et Mèlhodius persuade par ses discours, fit profession dans le monastère nommé Chènolac, fonde par saint Etienne sous Léon Isaurien(2). Mèlhodius, accepta volontiers la commission d aller à Kome pour se mettre à couvert de la persécution de Léon l'Arménien. Mais il ne relâcha rien dans ce voyage de l'observance monastique.
Le pape Pascal envoya des légats et des lettres à Constantinople pour soutenir la cause des images; mais ce fut sans effet, sinon d'encourager les catholiques, voyant le premier siège de l'Eglise déclaré pour eux. De son
(1) Ep. 15. Vitaap. Boll. (2; Boll. U jun. p. 176. **jui*, p. 002.
côté, le pape ayant rebâti de neuf à Rome l'église de Sainte-Praxède,qui menaçoit ruine, y transféra plusieurs corps saints des cimetières ruinés et abandonnés , et fonda au même lieu un monastère pour des Grecs , où ils faisoienl jour et nuit l'office en leur langage. On croit que c'étoit pour ceux qui se retiroient alors à Rome, fuyant la persécution. Le pape donna à ce monastère des revenus suffisants en fonds de terre et en maisons , et orna magnifiquement l'église de Sainte-Praxède, jusqu'à mettre sur l'autel un ciboire ou baldaquin de huit cents livres d'argent.