IV. Mort de Théophile. Michel, empereur
A Constantinople, l'empereur Théophile fut si vivement touché de la prise d Amorion , ei du refus que ht le calife de recevoir la rançon des prisonniers, que ses entrailles senllammèrent, et il but , pour se rafraîchir, de 1 eau de neige, qui lui causa la dyssenterie (5). n mourut le vingtième de janvier huit cent quarante-deux , après avoir régné douze ans et
({) Elmac. lib. il, c. «, Bibl. Orient, p. 808.
(21 Elmac. Eod. c. 9.
Chr. Orient, p. t09. Sup. I.
XLVII, il. il.
(3) Eulich. to. 2,P-i^0.
(i) Sup.liv. XLVU, n.il- (5) Posl.Theoph. lib. m, n. 34.
An de J.-C. 842.]
trois mois. La persécution qu'il fit toute sa vie aux saintes images et aux catholiques a rendu sa mémoire odieuse : toutefois , il fit des actions éclatantes de justice. Il se piquoit de savoir la musique, et faisoit chanter dans l'église des hymnes et des versets de sa composition. On dit même qu'un jour solennel il battit la mesure dans la grande église de Constantinople , et donna à cette occasion cent livres d'or au clergé (1).
Son fils Michel , encore enfant , lui succéda , sous la conduite de l'impératrice Théodora , sa mère (2) , avec un conseil que Théophile lui avoit laissé , composé de l'eunuque Théoctisle , revêtu de deux grandes charges à la cour, du patrice Bardas, frère de l'impératrice, et de son oncle Manuel, maître des offices, originaire d'Arménie. Dès le temps qu'il y commandoit, plusieurs abbés de divers monastères étant de ses amis , l'avoient instruit de la créance catholique touchant les images; et alors, étant tombé malade, les moines de Stude, en qui il avoit grande confiance , le vinrent voir et lui promirent qu'il guériroit promptement s'il entreprenoit le rétablissement des saintes images. 11 le promit , et recouvra la santé.