‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 630 sur 2407 · LIVRE QUARANTE-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUARANTE-NEUVIÈME

haut des tours qui accompagnent les mosquées (1).

On faisoit un autre reproche à ces martyrs dEspagne : qu'ils s'oiïroiont d'eux-mêmes au martyre, qu'ils attiroient la persécution, et que les musulmans leur laissant le libre exercice delà religion chrétienne, ils a voient tort de les irriter en disant des injures à Mahomet. Les réponses d'Euloge à cette objection sont foibles et ce qu'elles contiennent de plus considérable est la description du triste état des chrétiens sous la domination des musulmans. Aucun de nous, dit-il (2) , n'est en sûreté parmi eux : quand quolqu'afTaire nous obligea paroltreen public, sitôt qu'ils voient en nous les marques de notre ordre, c'est-à-dire de l'état ecclésiastique, ils font des huées sur nous comme sur des insensés ; et les enfants , non contents des injures et des moqueries, nous poursuivent à coups de pierres. Sitôt qu'ils entendent le son de nos cloches , ils se répandent en malédictions contre notre sainte religion. On voit ici que les musulmans soufTroicnt alors aux chrétiens leurs clocher , qu'ils leur ont ôlées depuis. Euloge continue , plusieurs d'entre eux ne nous permettent pas de les approcher , et croiroient être souillés si nous avions touché leurs vêtements.

Mais quoi qu'il dise, il faut avouer que la conduite de ces martyrs de Cordoue n'étoit pas conforme à l'ancienne discipline. L'église de Sm^Tue, dans la relation du martyre de saint Polycarpe, dit : Nous ne louons point ceux qui se présentent d'eux-mêmes ; car ce n'est pas ce que l'FIvangile nous enseigne. Saint Cypricn disoit devant le proconsul : Notre discipline défend que personne s'offre de lui-même. Et, dans sa dernière lettre, il disoit aux fidèles : Qu'aucun de vous ne se présente aux païens : il sufiil qu'il parle lorsqu'il sera pris. Le concile d'Elvire défend de mettre au nombre des martyrs celui qui vsi tué sur la place pour avoir brisé des idoles. Touu'fois, l'autorité de l'Eglise, qui a reçu tous ces martyrs de Cordoue, et Euloge leur défenseur, au nombre des saints, doit arrêter notre jugement, et nous fiiire croire , comme dit saint Augustin en pareil (^s, quelle a eu de puissantes raisons pour les excepter de ces régies (3).

^'ainl Euloge traite cette question en' deux ouvrages, l'un intitulé Mémorial des martyrs, et divisé en trois livres, dont le premier ne contient guère que la défense des martyrs , les df»ux suivants sont leur histoire : l'autre ouvrage est intitulé Apologie , et ne laisse pas de contenir à la tin 1 histoire de deux martyrs qui avoient souffert depuis qu'il eut fait cet écrit.

(1) P.i35.P.BIbl.Orîeut.

(2; Mcraor. l, p. 35i.

(3;Epist.c.4.Edit.Cotel.

Sup. liv. ni. n. 28. Act. S.

Cy[»r. Sup. liv. vu, n. 3y, iO.C.ÔO.Sup. liv. IX, n. 14.

lCivit.c 26.

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