XII. Concile contre Ignace
Peu de temps après , Photius fit assembler un concile à Constantinople , dans lléglise des Apôtres, où se trouvèrent trois cent dix-huit éveques entre lesquels étoient les légats du pape. L'empereur y assistoit avec tous les magistrats et un grand peuple. Le concile étant assemblé, on envoya à Ignace le prévôt Baanes, et quelques autres personnes méprisables , qui lui dirent : Le grand saint concile vous appelle, venez promptement vous défendre sur ce que Ton dit de vous. Ignace répondit : Dites-moi , le vous prie, comment irai-je; comme évéque, comme prêtre ou comme moi-même? Wous n'en savons rien , dirent-ils, mais nous Vallons demander, et nous vous en rendrons réponse. Ils revinrent le lendemain et dirent : Les léffaîs de l'ancienne Rome , Rodoalde et Zacharie vous mandent de venir au concile œcuménique sans délai , selon que votre conscience vous le dicte. Aussitôt Ignace se revêtit de l'habit patriarcal et marcha à pied , accompagné d'évêques , de prêtres et de quantité de moines et de laïques. Mais, quand il fut près de l'église de Saint-Grégoire de Nazianze, ou il y avoit une croix au milieu de la rue sur une colonne de marbre, il rencontra le patrice Jean, surnommé Coxès , qui lui dit que l'empereur l'avoit envoyé lui défendre, sous peine delà vie, de venir autrement qu'en habit de simple moine. Ignace obéit et Jean l'amena au concile.
Quand il fut dans l'église des Apôtres , on lui envoya le prêtre Laurent et deux Etiennes l'un sous diacre, l'autre laïque, qui lui dirent (1) : Comment avez -vous osé vous retêtir des habits sacrés , étant condamné et dé-
HUISTIANISME
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tôt le chargea d'injures. Ignace dit que les injures étoient plus douces que les tourments , et Tèmperiur, un peu apaisé, le fit asseoir sur
lin banc de bois.
Après un peu de conversation, Ignace obtint permission de parler aux légats Rodoalde et Zacharie , et il leur demanda le sujet de leur voyage. Ds répondirent : Nous sommes légats du paP^ Nicolas, qui nous a envoyés pour juger votre cause. Il leur demanda encore s'ils avoient apporté des lettres du pape pour lui. Ils répondirent que non , parce qu'on ne le re-
ffardoit pas comme patriarche , mais comme déposé par le concile de sa province , et qu'ils étoient prêts à procéder selon les canons. Ignace dit : Chasst^z donc auparavant l'adultère, c'est-à-dire Photius, ou si vous ne le pouvez , ne soyez pas juges. Le» légats, montrant de la main l'empereur , répondirent: Il veut que nous le soyons. Alors ceux qui etoienl autour de l'empereur commencèrent à presser Ignace de donner sa démission, tantôt par prières , tantôt par menaces. Ne pouvant le persuader, ils se tournèrent vers les métropolitains, et leur firent divers reprcxhes , en disant : Vous auriez peutnHre souffert sa renon ciation et vous le demandez maintenant pour patriarche. Les métropolitains répondin^nt : De deux maux qui nous menaçoient, la colère de l'empereur et le soulèvement du peuple, nous avons choisi le moindre. IVlais vous rendez le siège au patriarche, et ne v^us mettez pas en peine de nous. Les officiers de 1 empereur recommencèrent à exhorter Ignace et à lui demander sa démission expresse , afin que Photius demeurât paisible possesseur de l'église de Conslanlinople. Il refusa toujours; et ainsi finit cette journée , et l'assemblée se
sépara. , .
On continua pendant plusieurs jours a presser Ignace , mais il refusa toujours sa démission On le cita donc encore par les mêmes officiers , savoir, Laurent et les deux Eliennes comme ministres des juges , pour comparoilre au concile. Ignace dit, qu'il n'iroit point, parce qu'il ne voyoit point que les juges fissent rien selon les règles de l'Eglise. Car, ajonta-t-il comme parlant aux légats du pape, vous n avez point chassé l'usurpateur ; au contraire , vous mangez avec lui, et vous avez reçu deJoin ses présents, il vous a envoyé jusqu'à Redeste des habits et des reliquaires. Je ne vous reconnois point pour juges , menez-moi au pape, je subirai volontiers son jugement. Tous ceux qui étoient avec Ignace en dirent de mémo; et il pria ceux qui venoient le citer d entendre la lecture des lettres qu il envoyoit aux évoques pour être rendues au pape. Il y alleguoi la lettre du pape Innocent, en faveur de saini Chrysostôme (1) , portant qu'il ne devoil comparoître en jugement qu'après ^tree^abli, dans son siège, et le canon quatrième de Sardique, que quand un é>'êque déposé prétend avoir de quoi se justifier, on ne doit pointen mettre uj autre à sa place, avant que lévêque de Ronu ait prononcé. Ignace conjura les députes du concile de faire remettre ces lettres entre h^
mains du pape. .... j'«iinr nn
Comme ils le pressœent toujours d aller ai
concile, il dit : Il semble que vous n ayez pa^ lu les canons. La règle est que q^f J* ""/l^r que est cité par un conci e, il so«t appelé par Jeux évéques, et jusqu'à trois fois et >ou me citez par deux personnes, dont l un esi
(1)' Libell. Theogn. t. 8. Conc. p, 1867.
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