‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 667 sur 2407 · XIV. Ignace persécuté · texte numérisé non relu

XIV. Ignace persécuté

Pour cet effet, il le fit enfermer dans le sépulcre de Constantin Copronyme, en la même éelise des Apôtres, où il le livra à trois hommes cruels (2), qui lui donnèrent plusieurs coups sur le visage , le mirent en chemise par un erand froid , retendirent en croix sur le marbre le visage en dessous, et, de deux semâmes qu'il fut dans cette prison, lui en firent passer une sans manger, sans dormir et toujours debout. Enfin, ils le montèrent sur le coflre de raaibre où éloitle corps de Copronyme, dont le haut étoit en arête ; et , après l'y avoir assis, il lui attachèrent aux pieds de grosses pierres , accompagnant ces tourments d'injures et de railleries. Après qu'il eut passé toute la nuit en cette cruelle posture, ils le détachèrent et le jetèrent si rudement sur le pavé, qu il lut teint de son sang , il respiroit à peine, étant de plus travaillé d'un cours de ventre. En cet étal, Théodore , l'un des trois, lui prit la main de force et lui fit marquer une croix sur un papier qu'il tenoit, et qùil porta ensuite a Photius. Celui-ci ajouta : Ignace, indigne patriarche de Conslantinople , je confesse que je suis entré sans décret d'élection, et que j'ai gouverne tyranniquement. Après qu'on eut envoyé a l'empereur cetteprétenduesouscription, Ignace

fut délivré de sa prison , et se retira au palais de Pose , qui étoit la maison de sa mère, et ou il eut un peu de relâche.

Ce fut là , comme l'on croit , qu il ht sa requête au pape. Elle fut composée par Theognoste moine et archimandrite de Rome et exarque de Conslantinople, au nom d'Ignace, de dix métropolitains, quinze évêques, et un nombre infini de prêtres et de moines (3). Ignace y raconte la persécution qu' il a soufferte, et prie le pape de prendre sa cause en main à l'exemple de ses prédécesseurs. Cette requête fut portée au pape par Théognoste même , qui fit le voyage de Rome secrètement et en habit séculier, et instruisit le pape de tout ce qui s'étoit passé. Cependant Photius, n'étant pas encore content, conseilla à l'empereur de faire ramener Ignace à l'église des Apôtres, où il monteroitsur l'ambon pour y lire sa déposition et s'anathématiser lui-même , puis on lui arracheroit les yeux et on lui couperoit la main. Le jour de la Pentecôte, qui, cette année huit cent soixante-un, fut le vingt-cinquième de mai , Ignace vit tout d'un coup environner sa maison

(t) C. 12, 13, li, 15, Thcoph. *.n. 31

jQ 17 ' (3) Tom. 8 , Conc. p.

(2) Nicet. p. 1207, E. 1203. Epist. Styl. p 1402.

Theo«. p. 1370. C. po»l. Nie. p. 1210,

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Ande J.-C. 801.J

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