‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 69 sur 2407 · XIV. Saint Bonel de Clermont · texte numérisé non relu

XIV. Saint Bonel de Clermont

C'est à peu près le temps où saint Bonet, évéque de Clermont , vint à Rome. Il étoit natif de la même ville, capitale de l'Auvergne, et de race de sénateurs (1). Etant venu à la cour de Sigebert III, roi d'Austrasie, il fut d'abord sonéchanson, puis son référendaire, qui étoit comme un chancelier. Le roi Childéric, neveu de Sigebert, lui ayant donné le gouvernement de Marseille et de la Provence, il s'avançoit toujours en vertu , rachetoit les captifs , s'appliquoit au jeûne et à l'oraison, et à réconcilier les ennemis. Son frère Avit II, évéque de Clermont , avoit succédé en ce siège à saint Project, en six cent soixante -quatorze (2). Après l'avoir gouverné environ quinze ans , se voyant près de sa fin , il désigna Bonet pour son successeur, du consentement de son église. C'étoil l'an six cent quatre-vingt-huit; et Pépin, maire du palais, qui gouvernoit alors la France sous le roi Théodoric , lui fit donner son agrément et les lettres nécessaires; ainsi, saint Bonet fut ordonné évoque de Clermont. Alors il redoubla ses jeûnes jusqu'à passer deux et trois jours , et quelquefois quatre, sans manger. Il s'appliqua aux veilles , à la lecture et à la retraite , principalement le carême. Ses larmes étoient si abondantes, que s(m capuce en étoit trempé. Il exerçoit l'hospitalité, faisoit de grandes aumônes , et tenoit des conférences avec ses prêtres , pour les instruire des canons.

Ensuite, craignant que son ordination n'eût été irrégulière , parce qu'il avoit succédé à son frère encore vivant, il alla au monastère de Solignac, près de Limoges, consulter saint Tillon , disciple de saint Eloy, qui lui conseilla de quitter l'épiscopat , où il étoit entré contre les canons • il obéit, et fit ordonner à sa place Nodobert, avec le consentement du roi. Saint Bonet se retira ensuite dans l'abbaye de Manlieu, Magni Locus , ainsi nommée d'un ecclésiastique, nommé Magnus, qui y avoit porté dt^ reliques de saint Sébastien , c'est-à-dire de la poussière de son tombeau (3). Saint Gênés , évéque de Clermont, y fonda vers l'an six cent cinquante-six, sur son propre fonds, un monastère qui subsiste encore, dont il établit Evode pour premier abbé. Ce fut là où saint Bonet se retira, et y prit l'habit monastique vers Tan six cxint quatre-vingt-dix-neuf. Cependant les hérésies de Novatien et de Jovinien se renouvelèrent dans le diocèse de Clermont , et les moines de Manlieu publièrent une lettre pour les réfuter. Après que saint Bonet eut demeuré chez eux environ un an , il partit

(i) Act. SS. Ben. tom. 3, (3) Act.SS. Ben. to. 6, p. p. 00. 401.

(S) Sup. 1. XXXIX, n. 50.

pour aller à Rome visiter les sépulcres des apôtres , ayant auparavant distribué tous ses biens aux églises et aux monastères. En passant à Lyon , il réconcilia Tarchevêque avec le duc de Bourgogne. Il séjourna queloue temps au monastère de l'Ile-Barbe , et visita celui d'Agaune. Etant entré en Italie, il fut très-favorablement reçu par Aribert, roi des Lombards , qui , s'étânt recommandé à ses prières, remporta la victoire sur le jeune roi Liectbert , son compétiteur ; ce qui arriva l'an sept cent cinq. Enfin, saint Bonet arriva à Rome; et, après avoir visité les lieux saints il ramena plusieurs captifs qu'il avoit délivrés (1). Il répandit quantité d'aumônes pendant ce voyage , et fit plusieurs miracles. A son retour , il demeura quatre ans à Lyon et v mourut vers l'an sept cent neuf. Ses relique furent depuis rapportées à Clermont , et l'Eglise honore sa mémoire le quinzième de ianvier(2). •*

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