XXVII. Second concile deDouzl. Dude, religieuse
L'année suivante, huit cent soixante-quatorze, le treizième de juin, le roi Charles fit assembler un second concile à Douzi , composé d évêques de plusieurs provinces. Ce concile écrivil une grande lettre aux évêques d'Aquitaine, contre deux abus frètjuents en ce tempslà, les mariages incestueux el l'usurpation des biens d église. Pour autoriser les mariages entre parenls, on vouloil se prévaloir de l'indulgence dont avoil usé saint Grégoire avec les Anglois au commencement de leur conversion; mais il ajouloil que, quand ils seroient affermis dans la foi, ils observeroient la parenté jusqu'à la septième génération (3).
Ce même concile fit un décret au sujel d'une religieuse , nommée Dude , qui , pour devenir abbesse, avoil fail un complot avec un prêtre, nommé llumbert, auquel elle s'étoil abandoimée (4). Elle l avoil engagé à écrire des lettres à diverses personnes pour faire déposer son abbesse , et se faire mettre à sa place, llumbert porta ses lettres jusqu'aux commissaires du roi, devant lesquels il fui convaincu
(1) An. Bcrt. 873; lo. U, (:)) Sup. I. .wxvi, p. :J8. Conc. |). 258. Greg. vu. Ep. 31, Inler. 7.
(i) An. Fuld.873. (4) P. 265.
! de mensonge, de parjure, d'infîdéfité et de calomnie contre l'abbesse , à laquelle il avoit fail serment, et contre son supérieur. Dude, étant devenue grosse , déclara que c'étoit du prêtre Humbert; mais il le nioit, et demandoit d'être reçu à s'en purger par serment , et faire jurer d'autres prêtres de son innocence, suivant l'usage du temps. Deux religieuses, Berle et Erpréde, étoienl complices du crime de Dude, comme elles avoient confessé.
Le concile déclare le prêtre Humbert non recevable à se purger par serment du crime commis avec Dude, comme ayant été déjà amvaincu de parjure el de calomnie; et parce que, suivant les lois et les canons, les crimes doivent être examinés et jugés sur les lieux; il est dit que des députés du concile se transporteront au monastère avec des commissaires du roi. Ils interrogeront séparément les religieuses pour voir si elles persisteront dans leurs dépositions (1). Dude sera interrogée du temps et du lieu où elle a commis le crime ; et on lui en représentera l'énormitè, soil de celui dont elle s'accuse , soil delà calomnie. On inlerro.era séparément les deux religieuses complices, pour voir si elles persistent. On interrogera aussi le prêtre Humbert; s'il confesse , on le fera venir devant la communauté avec Dude et leurs complices, pour y réitérer leur confession. Si Humbert dénie, il viendra devant les députés du concile , les commissaires du roi , les prêtres et les clercs du monastère, l'abbesse et sa connu unaulé ; Dude el ses complices y viendront aussi el le convaincront , en rapportant les circonstances du temps et du lieu dont chacune aura connoissance. S'il confesse, sa pénitence sera plus douce, mais s'il persiste à nier on fera juht Dude el ses complices de dire vérité; puis elles porteront leur témoignage contre Humbert, qui, se trouvant ainsi convaincu par trois témoins, sera déposé au nom du concile par les dépulés, el envoyé en exil perpétuel en pays éloigné par les commissaires du roi. On l'enfermera dans un monastère pour faire pénitence, ne lui laissant que la communion laïque.
Quanta Dude, après lui avoir lu les autorités des pères et la règle de saint Benoît pour lui montrer Lènormilé de son péché, on la mettra en pénitence. Et, premièrement, elle sera fouettée de verges sur le dos nu en présence de l'abbesse et des sœurs, mais sans qu'il y ait aucun homme; elle demeurera trois ars séparée de la communauté sans entrer dars l'oratoire, suivant le vin,l-cinquièmechapitie de la règle; les trois années suivantes elle priera avec les sœurs, non dans le chœur, mais derrière la porte , au lieu qui lui sera marqué , en sorte qu'elle soil vue de tout le monde. La septième année elle ira à l'offrande, mais la dernière de toutes, et après les sept ans , elle recevra la communion du corps et
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HISTOIRE Dt CHRISTIA^JSME. [Ansde J. C 875et 870.
Ans de J -C «74 et 875]