XXVIII. Statuts synodaux d'Hincmar
La même année, il tint un synode au mois de juillet, où il donna à ses curés les cinq articles suivants : On dit que des prêtres de notre diocèse négligent leurs paroisses et reçoivent la prébende dans le monastère de Montfaucon, et que des chanoines du même monastère prennent des paroisses à la campagne (3). On appeloit prébende la livrée ou distribution en espèces que chaque chanoine recevoit pour sa subsistance; d'où vient qu'on a pris ensuite ce mot pour une place de chanoine. Hincmar rapporte ensuite les canons qui défendent aux clercs de passer d'une église à l'autre, et encore
{dus d'en tenir deux ensemble. (]eu\-ci veuent, dit-il, avoir en même temps la sûreté des monastères et le profit de la dinie; mais ils ne peuvent s'acquitter ensemble des devoirs de curé et de chanoine. Si la nuit il faut baptiser un enfant en péril ou porter le viatique à un malade, le chanoine ne sortira pas du doitre pour aller au village-, c'est pourquoi si un prêtre, pour infirmité corporelle ou pour quelque péché secret , veut se retirer dans un monastère, qu'il renonce par écrit au titre de sa cure, autrement qu'il y demeure. Les monastères de chanoines etuient encore fermés comme ceux des moines, et c'étoient des lieux de sûreté au milieu des hostilités qui régnoient alors. Hincmar continue : Je vous ai souvent avertis, touchant les matriculiers, comment vous les devez recevoir et leur distribuer une partie de la dimc; c'étoient les pauvres inscrits dans la matricule de l'Eglise, comme il a été dit sur la règle de saint Chrodegang. Je vous ai défendu, continue- t-il, de prendre, pour la place de la matricule, ni présent, ni service dans la maison ou ailleurs; je vous le défends encore, puisque c'est vendre l'aumône ; et je vous déclare que le prêtre qui le fera sera déposé , et n'aura pas même , comme pauvre , la part de la dime que reçoivent les matriculiers (4).
(3) Htncm.to. t, p. 78t;
to. 8, Conc. p. 587, c. 1.
(i) C. a. Sup. I. XLII, n.
Il renouvelle la défense de la fréquentation des femmes, et dit (1) : Je ne m'informerai pas si vous avez péché avec elles , mais si vous leur avez rendu des visites hors de saison ; vous devez choisir auquel vous voulez renoncer, à cette fréquentation ou à votre ministère. J'apprends que quelques-uns d'entre vous négligent leurs églises et achètent des aleus, c'està-dire des terres en propriété, qu'ils cultivent et y bâtissent des maisons où des femmes demeurent; et ils ne laissent pas ces fonds a l'Eglise, selon les canons ,mais à leurs parents ou à d'autres. Sachez que je punirai , suivant la sévérité des règles , ceux que je trouverai coupables de cet abus. C'est que les prêtres faisoient ces acquisitions des épargnes de leurs revenus ecclésiastiques aux dépens de l'aumùne et de l'hospitalité ; enfin, il leur défend de donner des présents aux patrons pour obtenir des cures vacantes et y mettre leurs disciples. Vous savez, dit-il, qu'il n'y a point de fidèle dans notre diocèse qui veuille que son église demeure sans prêtre, et il n'en peut avoir que par l'ordination de lévêque; or, je n'ordonnerai point le clerc qu'il me présentera si je n'en suis content; ainsi, vous êtes cause que les patrons ne cherchciit pas de bons clercs. On voit ici que Hincmar n ordonnoit les prêtres que pour remplir un titre vacant.