‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 821 sur 2407 · LIVRE CINQUANTIE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUANTIE-DEUXIÈME

(1) Epist. 316, 317, 318. (2) Epist.319,p. «98, n. |.

(1) V. Gang. Famil. 876. ^^

Bizant. p.l39. Aniol.Euld. («) Tora. 9, p. «90.

Formose do Porto et Jean d'Areaze, de venir à Rome ; l'a choisi pour défenseur de l'église de Saint-Pierre , el l'a couronné empereur romain. Nous donc , obéissant comme nous devons à ses ordres, confirmons tout ce qu'il a fait. Le concile étant assemblé à Rome avant l'arrivée de l'empereur, le pape, du consentement de tous, a envoyé des lettres au roi I^uiset à ses enfants, aux archevêques, aux évêques, aux abbés et aux autres seigneurs de son royaume; les admonestant, par l'autorité apostolique, de garder la paix et ne faire aucune irruption dans le royaume de l'empereur, jusqu'à ce qu'ils vinssent à une conférence, el que le pape réglât entre eux le droit de leurs royaumes, suivant le ministère que Dieu lui a confié. Odon, évêque de Beauvais, a été chargé de ces lettres , et les a présentées deux fois; mais elles ont été absolument refusées. Au contraire , le roi Louis est entré à main armée dans le royaume de son frère , qu'il a ravagé, el y a fait commettre des homicides, des sacrilèges et une infinité de crimes.

Le pape, affligé de ces maux , s'est pressé d'envoyer les évêques Jean de Toscanelle et Jean d'Arezze, ses légats, avec d autres lettres, pour admonester le roi Louis de faire pénitence et se retirer du royaume de son frère ; mais il n'a pas voulu recevoir ces légats et cette seconde moniliou. Le pape a ensuite envoyé Léon, évêque de Gabii, et Pierre de Fossembrune, pour faire les mêmes moni lions; et il est encore incertain si elles seront reçues (1). Mais parce que quelques affaires ecclésiastiques empêchent ces deux légats , Léon et Pierre, de demeurer ici plus long-temps, et qu'il n'est pas juste de retenir les évêques qui sont venus de loin, il a été résolu que les autres légats, Jean de Toscanelle el Jean d'Arezze, avec quelques évêques choisis, achèveront ce qui reste à faire, soit pour convoquer un concile, soit pour punir les désobéissants; et le pape, avec toute (église romaine, approuvera tout ce qu'ils auront ordonné.

Comme le pape Jean, du consentement de l'empereur Charles, a ordonné qu'Ansegise, archevêque de Sens, seroit son vicaire, el lui a donné la primatie de Gaule et de Germanie, pour convoquer les conciles, décider canoniquemenl les affaires occurrentes et renvoyer les plus importantes au pape, nous l'approuvons tout d une voix, et nous ordonnons qu'il soit primat de Gaule et de Germanie (2). JNous consentons par notre jugement au concile tenu Oepuis peu par le pape Jean , pour la déposiii^n de Formose, évêque de Porto, de Grégoire, vo.S''^^"^ Etienne, secondicier, Grégoire,

COiZo nrm Jî"'"' COmplicCS ; et UOUS obéisSOUS

N/m?t?nfi "^"^^"^ ^ ^*^^s l^s décrets du pape, f nronT^™^"'. '"*^» ^^ Condamnation quil

roi Louis et ses complices; s'ils ne viennent à

résipiscence, et ne rendent au saint- siège l'obéissance qui lui est due. Ce sont sans doute ces trois derniers articles qui furent les plus mal reçus par les évêques de France au concile de Pontion.

En ce même concile, l'empereur Charles se fit prêter un nouveau serment par tous ses vassaux, et entre autres par l'archevêque Hincmar, qui lui étoit suspect d'avoir favorisé l'invasion du roi Louis, son frère. Hicnmar le trouva fort mauvais , comme il paroît par un écrit adressé à l'empereur , où il chicane sur chaque parole de ce serment d'une manière qui ne sert qu'à montrer son chagrin. Voici ce qu'il y dit de plus solide : Votre père, d'heureuse mémoire, ne demanda aux évêques, qui avoient consenti à sa déposition, et à Ebbon même, leur chef, que des déclarations , que j'ai en main ; on ne devoit pas aussi me demander maintenant d'autre serment que ma déclaration si long-temps observée jusqu'à la vieillesse (1). Mais il n'est pas étonnant que des ministres envieux vous excitent à me demander ce que votre père ne m'a demandé de sa vie, quoique pendant environ huit ans il m'ait confié ses secrets, et ce que vous-même ne m'avez point encore demandé pendant trente-six ans.

XXXYI. Appellations à Rome.

En deux endroits du concile de Pontion , il est parlé des contestations touchant les prêtres de divers diocèses, qui s'adressoient aux légats du pape , et ce fut apparemment l'occasion d'une lettre qu'Hincmar écrivit au pape sous le nom de l'empereur , contre les appellations à Rome déjà trop fréquentes (2). Il se plaint que, depuis les différents qu'il a eus avec son neveu l'empereur Louis, les prêtres de deçà les Alpes , condamnés canoniquement par leurs évêques, ont commencé à aller à Rome sans le congé de leurs évêques ni de leurs métropolitains, et ont obtenu par surprise des rescrits contre les régies. Il remonte à l'origine des appellations au pape , c'est-à-dire au concile de Sardique , qui ne les accorde qu'aux évêques , et veut qu'elles soient jugées sur les lieux. Quant aux prêtres et aux clercs inférieurs , les canons ne permettent de les accuser que par-devant leurs évêques, qui doivent les juger avec leur clergé; et, s'ils veulent se plaindre de leurs jugements , ils doivent s'adresser aux évêques voisins, suivant les conciles de Nicée et de Sardique « c'est-à-dire au concile provincial où préside le métropolitain. Et, suivant le concile de Carthage, b Juge^ ment doit toujours être rendu sur les lieux, afin qu'il ne soit pas difficile tle produire les témoins. C'est pourquoi les canons d'Afrique

(1) Tom. 9, Conc.

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