XXVI. Mort de Constantin. Grégoire II, pape
Félix, archevêque de Ravenne, ayant été rappelé de son exil (3), se réconcilia avec le pape Constantin, et donna sa confession de foi et les lettres que ses prédécesseurs a voient accoutumé de remettre aux archives de l'église romaine ; aussi le pape le rétablit dans son siège, tout aveugle qu'il étoit. Benoît, archevêque de Milan , vint aussi à Rome pour faire ses prières, et se présenter au pape ; il disputa pour le droit de consacrer l'évéque de Pavie, mais il perdit sa cause , parce que de toute antiquité ce droitappartenoit au pape. L'évc^ue de Pavie étoit en ce temps-là Pierre, illustre par sa vertu, et qui avoit gardé la virginité, et que l'Eglise honore le septième de mai (4). Le pape Constantin mourut après sept ans de pontiticat, et fut enterré à Saint-Pierre le neuvième avril, indiction treize, l'an sept cent quinze, sous l'empereur Anastase. En une ordination, il avoit fait dix prêtres et deux diacres , et en divers lieux soixante -quatre évêques (5). Après sa mort, le saint-siège vaqua quarante jours. Ensuite on ordonna pape Grégoire II , natif de Rome, fils de Marcel, et il tint le saintsiège quinze ans huit mois et vingt jours, sous quatre empereurs, Anastase, Thèodose, Léon et Constantin. 11 avoit été élevé dès sa tendre jeunesse dans la maison patriarcale de Latran, sous le papt» Sergius, et fut sous-diacre, sacellaire et bibliothécaire (6). Il suivit à Constantinople le papi» Constantin , et l'empcTCur Payant interrogé sur plusieurs articles, il satisfit à toutes ses questions par d'excellentes réponses , car il étoit fort instruit de l'Ecriture sainte , et s'expliquoit heureusement. Ses mœurs étoient pures , son courage ferme , et il
(1) Sup. n. 16.
(2) Rod. m, c. 19.
(3) Anast. Sup. n. 17.
(4) Paul. diac. iv, Hist.
c. ult. Martyr. R. 7 mai.
(5) V.Papb.conat.
(6) Anast. et Pape.
soutint vigoureusement les droits de l'Eglise. Dès l'entrét^ de son pontificat il commença à réparer les murs de Rome, mais divers inconvénients qui survinrent l'empêchèrent d'achever. Il répara diverses églises ruinées, il reçut de Jean, patriarchede Constant inople, une lettre synodale, et y fit réponse ; mais la même année, scH:onde de l'empereur Anastase, Jean fut déposé, et Germain, év(kiue de Cyzique, transféré à Constantinople le onzième d'août, indiction treizième, l'an sept cent quinze (1). L'acte de sa translation portoit qu'elle étoit faite par le suffrage et l'approbation des prêtres , des diacres et de tout le clergé, du sénat et du peuple de Constantinople, en présence de Michel, prêtre elapocrisiaire du siège apostolique, et des autres prêtres et évêques, sous l'empereur Ar'èmius. Germain étoit fils de Justinien , pal» ice que l'enipi reur (Constantin PogoiiiU fil m< urir pour avoir trempé dans la mort de Constant , son père, et en même temps il rendit Germain eunuque (2).