XXVIII. Clercs portant les armss
L'Italie étoit en proie aux Lombards. Ils prirent Cumes au préjudice de la paix, et refusén^nt de la rendre, quelqu'instance que le pape Grégoire II leur en fît, les menaçant par ses lettres de la colère de Dieu pour cette supercherie, et leur offrant de grands présents s'ils rendoient cette ville. Le pape très-aflligè, mais se œnfiant en Dieu, s'appliquoit à encourager piir ses lettres le peuple de JNaples et leduc Jean, qui y conunandoit, suivant ses ordres. Ils surprirent de nuit la ville de Cumes, ayant à leur tête leduc Je«m et un sous-diacre, nommé Thèodimci; et le pape ne laissa pas de donner pour la racheter trente livres d'or qu'il avoit promises. Ce sous-diacre, à la tête des troupes, est remarquable , aussi bien que le diacre qui conunandoit la flotte de l'empereur Anastase (4). On voit quelque temps auparavant Zenon, diacre de l'église de Pavie, qui, s'étant revêtu des armes du roi Cunibert, se fit tuer [)our lui dans un combat.
Dans ce même temps du pape (irégoire II, Sayaric, évê^que d'Auxerre, étant de grande naissance , commençi» à s'èciirter des devoirs de sa profession, et à s'occuper d'affain^s temporelles plus qu'il ne ccmvenoit à un évêque , en sorte qu'il attaqua à main armée les pays d Orléans, deiNevers, de Tonnerre, d'Avalon et de Troyes, et les joignit à ceux de son obéissance (5). Enfin, comme il marchoit avec une grande troupe vers la ville de Lyon pour la subjuguer, il périt d'un coup de foudre; c'étoit sous le règne de Dagohert III, l'autorité royale étant presque éteinte en France, et les guerres civiles fréquentes. Pépin , l'ancien maire du palais , étoit mort l'an sept cent quatorze, au mois de décembre, après avoir gouverné pendant vingt-sept ans.