‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 861 sur 2407 · XXIV. Lettre du pape sur le fUioque · texte numérisé non relu

XXIV. Lettre du pape sur le fUioque

Tels sont les actes du concile de Photius, si l'on peut y ajouter foi, sachant combien il étoit habile et faussaire. A la fin de ces actes on trouve une lettre du pape Jean à Photius , qui porte en substance : Nous savons les mauvais rapports que Ion vous a faits de notre église et de nous, et qui ne sont pas sans apparence: mais j'ai voulu vous éclaircir avant même que vous m'en écriviez (3). Vous saviez que votre envoyé nous ayant consultés depuis peu sur le symbole, a trouvé que nous le gardions tel que nous l'avons reçu d'abord, sans y avoir rien ajouté ni en avoir rien ôlé , sachant bien quelle peine mériteroient ceux qui l'oseroient taire. C'est pourquoi nous vous déclarons encore, pour vous assurer touchant cet article, qui a causé du scandale dans les églises , que non-seulement nous ne parlons pas ainsi; mais que ceux qui ont eu l'insolence de le faire les premiers , nous les tenons pour des transgresseurs de la parole de Dieu, et des corrupteurs de la doctrine de Jésus-Christ , des apôtres et des pères qui nous ont donné le symbole , et nous les rangeons avec Judas, comme déchirant les membres de Jésus-Christ. Mais je crois que vous n'ignorez pas , étant aussi sajre que vous êtes , qu'il n'y a pas peu de difficulté d'amener le reste de nos évéques à ce sentiment; et de changer promptement un usage de cette importance, affermi depuis tant d'années. C'est pourquoi nous croyons qu'on ne doit contraindre personne à quitter cette addition faite au symbole , mais user de douceur et d'économie, exhortant peu à peu les autres à renoncer à ce blasphème. Ceux donc qui nous accusent, comme étant dans ces sentiments , ne disent pas la vérité ; mais ceux-là ne s'en éloignent pas, qui disent, qu'il y a encore des gens parmi nous qui osent parler ainsi. C'est à vous à travailler avec nous , pour ramener avec douceur ceux qui se sont écartés.

Nous avons vu par la conférence des envoyés de Charlemagne avec le pape Léon III , que

(1) P. 286, E. (3) Bever. p. 306. Joan.

(î) Hebr. iv, U, p. 287. Ep. 320.

l'on n'avoit point reçu à "Rome l'addition ftlioqiie (i) au symbole de Nicée; et que le pape n'approuvoit pas cette addition qui étoit reçue en France: quoiqu'il ne doutât pas de la vérité qu'elle exprime, savorque le Saint-Esprit procède du père et du fils. Ainsi le pape Jean VIII, sachant que les Grecs étoient scandalisés de celte addition , pouvoit avec vérité dire, que 1 église romaine ne l'avoit point reçue, et blâmer ceux qui l'avoient introduite ; cts'il use contre eux d'expressions trop fortes, on peut les attribuer à sa complaisance pour Photius et pour l'empereur Basile , qui lui a fait faire tant de fautes. JMais il ne touche point en cette lettre au fond de la doctrine. Ce qui n'a pas emp(^ché d puis les Grecs schismatiques de prendre avantage de cette lettre, et de tout ce qui fut fait sur ce sujet, au concile de Photius , qu'ils tiennent pour le vrai huitième concile œcuménique, ne comptant pour rien celui de l'an huit cent soixante-neuf.

A la suite du concile de Photius , on trouve trois lettres écrites par lui à des évéques d'Italie, après le concile et la réunion des deux églises (2), savoir à Marin de Castello, à Gauderic de Vélélri , et à Zacaire d'Anagnia. Il leur envoie des présents, et leur demande la continuation de leur amitié altérée par sa disgrâce.

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