XXXVII. Mort de Jean VIII. Marin II, pape
Le pape Jean VIII mourut lui-même cette année huit cent quatre-vingt-deux, le quinzième de décembre, après avoir rempli le saint-siège pendant dix ans. Il reste de lui trois cent vingt lettres, où Ion voit qu'il étoit fort occupé des affaires temporelles de lltalic et de tout l'empire franc ois, et qu'il prodiguoit les excoromunicati(ms, en sorte qu'elles passoient presque en formule (3). llfaisoit mo-
(1) Opusc. 45, to. 2, p. 275, 27t, 308, 278,300,304. 762. (3) Kp. 200, 177, 270,
(2) Ep. 271, 272, 273, 293, 2U8.
(i) Ep. 281, 288, 202 , 205, 296.
(2) Ep. 300 , 301 , 302 , 30;i, 30 i.
(3; Vita. to. 9, GoûC.
An de J.-C. 882. ]
dérer les pénitences en faveur du voyage de 1 ome. En voit i un exem|)le ••
Ln nonnné L(H)nlard ayant commis un homicide, avoit été mis en pénitence par s(m évêquc ; et l'avant accomplie, avoit reçu l'absoluti(m. Ensuite il avoit eu ordre, avec d'autres, de poursuivre des voleurs, à la charge de ne les point tuer s il les pouvoit prendre. En ayant pris un , ils lui arrachèrent les yeux, en sorte quilen mourut. Leontard demanda pénitence à son èvêque, qui lui défendit de communier qu'à la mort, de boire du vin et manger de la chair, excepté les dimanches et les fêles ; de couï)er ses cheveux , de se marier, de converser avec les hommes, de commander à ses serfs et jouir de son bien , et prendre de fief d'un seigneur. Leontard alla à Rome , et le pape écrivit à son èvêque que la pénitence lui paroissoit trop rude (1), l'exhortant à la modérer, de peur de jeter le pénitent dans le désespoir , laissant toutefois le tout à sa discrétion. On voit ici que l'on mêloit quelquefois à la pénitence des peines temporelles , ce qui la rendoit odieuse. Ce pape étant consulté parles èvêques de Germanie, si ceux qui ètoienl tués à la guerre, combattant contre les païens pour la religion et pour l'état , recevoienl la rémissim de leurs péchés, répondit que ceux qui mouroient ainsi avec la piété chrétienne, recevoienl la vie éternelle, et qu'il leur donnoil l'absolution en tant qu'il en avoit le pouvoir. Ce fut par ordre du pape Jean VIII que Jeandiacre de l'église romaine, et auparavant moineduMont-Cassin, écrivit en quatre livres la vie de saint Grégoire le grand , qui avoit vécu trois cents ans auparavant.
Après la mort du pape Jean VIII , le saintsiège vaqua huit jours, elle dimanche, vingttroisième du même mois de décembre huit cent quatre-vingt-deux , on élut pour le remplir Marin , second du nom , qui avoit été légat à Constanlinople et en Bulgarie, et qui étoit déjà èvêque; mais, comme l'on croit, sans être attaché à aucun siège, et seulement pour travailler à la mission chez les Sclaves (2). 11 ne tint le saint-siège que quatorze mois.