LIVRE CINQUANTE-TROISIÈME
formation de l'Eglise et de l'état. Il leur envoya pour cet eflèt deux écrits •• le premier, adressé aux seigneurs, principalement tiré d'Adalard, dont il parle ainsi : J'ai vu dans ma jeunesse Adalard, sage vieillard , parent de lempereur Charlemagne, abbé de Corbie, et le premier du conseil dont j'ai lu et copié un mémoire touchant l'ordre du palais (1). lien rapporte ensuite la substance, contenant les noms et les fonctions des officiers du palais et tout l'ordre des parlements ou assemblées qui se tenoient deux fois l'an pour le gouvernement de l'état. Le premier des officiers du palais étoit l'apocrisiaire ou archichapelain , dont la fonction depuis le tempsde Clovis étoit exercée par des èvêques, qui venoient à la suite du prince, tour à tour et en certain temps. Depuis Pépin et Charlemagne, c'étoient le plus souvent des diacres et des prêtres, pour ne pas détourner les èvêques de leur résidence. Ainsi, sous Pépin, ce fut le prêtre Fulrad, du consentement des èvêques. Sous ( hïirlemagne , le même Fulrad , puis les évéque^ Engelram et Hildebolde ; sous Louis le débonnaire le prêtre Ilijduin , après lui le prêtre Foulques , et enfin l'évéque Drogon. Ce grand chapelain avoit sous sa conduite tout le clergé du palais; avec lui étoit le grand chancelier, et sous lui des secrétaires habiles et fidèles , pour écrire les lettres du roi. C'est que le chancelier et les secrétaires étoient tous ecclésiastiques (2). Le grand chapelain prenoit connoissance de toutes les afl'aires et les personnes ecclésiastiques qui venoient à la cour ; et aucun d'eux n'avoit audience du roi que par son canal, encore n'ètoit-ceque pour ce qu'il n'avoit pu terminer par lui-même. 11 ordonnoit dans le palais tout cequi regardoit le service divin , ladminislralion des sacrements, la consolation des malades, la conversion des pécheurs, en un mot lout le spirituel.
Le second écrit d'Hincmar, adressé aux èvêques, ne contient que des conseils pour la conduite du jeune roi Carloman, tirés de l'Ecriture et des pères : dans l'un et dans lautre écrit il renvoie souvent au concile de Fismes, et il joint l'écrit contre les ravisseurs qu'il avoit envoyés au roi Louis. Ces écrits furent les derniers d'Hincmar (3).