Tome ni
(3^ Chr. Lobions, c. 19.
Mabill. Sa;c.5, Act. p. 478.
Sup. liv. LIV, 56.
envoya un état de ce qu'il devoit prendre , comme évêque, sur les revenus de son église, voulant qu'il s'engageât par serment à n'en jamais demander davantage du vivant de Hugues et de Lambert, son ûls. Rathier refusa cet engagement comme indigne , et le roi, sous quelque prétexte, le mit en prison dans une tour à Pavie, où il demeura deux ans et demi.
VU. Artaud, aréhevêque de Reims.
Le pape Jean XI envoya aussi le pallium à Artaud, nouvel archevêque de Reims. Le comte Hébert avoit joui pendant plus de six ans du temporel de cette église sous le nom du petit Hugues , son Gis (1). Mais, quoiqu'il eût promis au roi Raoul , quand il obtint de lui cet archevêché , d'en bien user tant avec les clercs qu'avec les vassaux laïques, et de conserver à chacun ses droits , il disposa de tout comme il lui plut. 11 dépouilla plusieurs clercs de iCurs bénéûces , c'est-à-dire des fonds dont les évêques précédents leur avoient donné l'usufruit en considération de leurs services, et il donna ces terres à qui bon lui sembla. Pour faire les fonctions spirituelles, Hébert reçut en l'église de Reims Odalric , archevêque d'Âix en Provence, qui avoit quitté son siégea cause d. s incursions des Sarrasins, et il lui donna l'abbaye de Saint-Timothée avec la prébende, c'est-à-dire la portion d'un clerc. C'étoit en neuf cent vingt-huit. Cependant Hébert jouissoit de tout le temporel, logeant même dans l'évêché avec sa femme. EnGn, la septième année de cette invasion, qui étoit l'an neuf cent trente-un, il se brouilla avec le roi Raoul, qui résolut de satisfaire aux plaintes des évêques, car ils lui témoignoient leur indignation de voir si long-temps cette église sans pasleur (2). Raoul envoya donc à Reims des lettres au clergé et au peuple pour procéder à l'élection d'un archevêque ; mais ils répondirent qu'ils ne le pouvoient, puisqu'ils en avoient déjà fait une qui subsistoit. Sur ce refus, le roi Raoul avec Hugues, comte de Paris, plusieurs autres seigneurs et quelques évêques , vinrent assiéger Reims en l'absence du comte Hébert. La troisième semaine du siège, tous les clercs et les laïques du diocè.se qui étoient hors de la ville , et une partie de ceux qui étoient dedans , s'accordèrent à élire Artaud , moine de l'abbaye de Saint-Rémy, qui avoit quitté le parti de Hébert pour s'attacher au comte Hugues. Alors les vassaux de l'église ouvrirent les portes au roi, et il flt ordonner Artaud par dix-huit évêques qu'il avoit assemblés tant de France que de Bourgogne. 11 fut intronisé par les évêques de la province, et reconnu par le clergé et le peuple ; puis il envoya à Rome demander le pallium , mais ses députés ne revinrent qu'un an après son ordination, c'est-à-dire en neuf cent trente-trois.
in
(1) Sup. n. 1. Libell.
Art. to. 9, Conc. p. 627.
(2) Frod. Hist. 4, c 20, 22. Frod. Cbr. Id. 4, c. 84.
HISTOIRE Dli C
.VIU. Concile d Erford.
HIUSTIANISME.
[An deJ.-C. 93i.
En Allemagne, le roi Henri fit tenir un concile à Erford, le piemier jour de juin neuUenl trenU-deux, la qualr ièmj' année de son règne, iiidiclion cinquième, par les conseils d llildeberl, archevêque de Mayence. qui avoit succéda à Heriger, mort en neuf cent vingUinq. Hidelbert étoit auparavant abbé de Fulde où il avoit é;é nourri et instruit. Céloil unpnlal de grande vertu et d'un grand esprit naturel, cullivéparrétude.Onluiallribuoilniémel'don
depropliéûe. Ueu\ autres archev(\ques assistèrent au concile d'trford, Kulger ou Kogrr do Trêves, qui mimrul deux ans après, et Lnm de Hambourg [\}. H y avoit dix evèques, sav(ùr: ceux de Verden, de Constance, dePaderborn , d'ilalberslat, d'Augsbourg, de Strasbourg, de Yirlzbourg, d'Osnabruc, de IMunsler et de Minden. On y lit cinq canons, qui portent qui3 Ton célébrera les fêtes d«'S douze apôtres, et que l'on jeûnera les vigiles observées jusqu'alors. Mais il est défendu de s'imposer un jetine sans la pernnssion de l'évêque , parer que c'è;oit une superstition pour devine. . L'on ne tiendra point les audiences (^u assemblées séculières les dimanches, les fêtes ou les jours de jeune; et le roi défend aux juges de Idie citer |>ersonne à leurs audiences sept jou s devant Noël, depuis la quinquagésime ju^qu à l'octave de Pàque, el sept jours devant la Saint Jean On ne srra sujet à aucun ban ou citation de la puissance publique allant a l'egliae, y étant ou eu revenant (2).