‹ Histoire ecclésiastique [microform]Chapitre 973 sur 2407 · XIII. Etal de l'Orient · texte numérisé non relu

XIII. Etal de l'Orient

La même année neuf cent trente - trois , Chri>lodule , patriarche melq itc d Alexandrie , mourut après vingt-six ans de pontifical, el fut enterre à Postal, capitale d'Egypte depuis la conquête des musulmans (i). Son successeur fut Eutychius, médecin de la même ville. II étoit âge de soixante ans quand il Tut ordonne patriarche, le huiliéme jour du second mois arabe, 1 an de l'hégire trois cent vingt- un, de biodetien six cent quaranteneuf, la première année du ( alife Alcaher (3), Le nom arabe de ce patriarche étoil Saïd, qui signifie heureux, et le nom grec d'Eutychius en est la traduction. JNous avons de lui un abrège d histoire universelle depuis la créatiou

du monde jusqu'à son temps, écrit en arabe, qui étoit sa langue naturelle; cet abrégé, bien qu il ne soit pas exact, ne laisse pas d être précieux , el c'est d\tù j'ai tiré la suite d<'s patriarches melquites d'Alexandrie, que je ne pourrai plus continuer. Le ponliOcat d'Eutychius ne fut que de sept ans, pendant Isquel^ il fut presque toujours en division avec son peuple, diMil la plupart étoient jacobiles (4). iMais Acehid, lils de rdage,qui commandoit alors en Egypte, exigi a d'eux dd si grosses sommes et leur lit tant d'avanies, qu'il les mit d'accord avec leur patriarche, et les réduisit à s assembler dans la même église. Eulychius mourut l'an neuf cent quarante, trois cent vingl-huit de l'hégire.

Le patriarche jacobite d'Alexandrie étoit Gabriel , ordonné 1 an neuf cent seize , après les quatorze ans de vacance (5). 11 imposa un dinar d or de tribut par an à chacun de ceux de son ob 'issance, tant hommes que femmes, et tint le siège vingt-un ans et demi, jusqu'en neuf cenl trenli'-huit. Nous avons toute la suite de ces patriarches jacobiles d Alexandrie. A Anlioche, le patriarche melquite Eiie mourut lan trois cent dix-sept dvi l'hégire, au sixième mois, c'esl-à dire I an neuf cent vingtneuf. Le siège vaqua quatre ans, et la première année du calife Kadi, trois cent vingts trois de l'hegire, neuf cent trente-cinq de J. C, on ordimna patriarche Théodose, autrement nomme Etienne. 11 éloil cateb ou écrivain, et

(1) N. ai. Slm Mag. 4J.

(2 Kulych. lo. 2, p. 52i.

Sup. liv. Ll\, II. it.

(3) KuiycM.lo. 2, p. 517.

Bibl.Or. p. 730.

fi' KImac. lib. 3, c. i, p. 20S.

(5 Chr. Or. p. lll.£u« tych. p. 5^3, biB,

HISTOIRE DU CHRISTIANISME

avoit été à Bagdad avec l'eunuque Mounès, trésorier du calife. Le patriarche de Jérusalem étoit Chrislone, qui avoit deux fils et deux filles. De son temps, les musulmans, ayant excité du tumulte dans l'église de Constantm, en brûlèrent les portes vers la fête de Pâques , l'an trois cent vingt-cinq, neuf cent trentesept , et pillèrent l'église du Saint-Sépulcre (1). Quant aux califes , après Moctafi , qui mourut l'an deux cent quatre-vingt-quinze , neuf cent huit, succéda son frère, Jafar Aboulfadel, sous le nom d'Almoucladir-Billa. Il n'a-

voit qu

[An deJ.-C.93C.

it que treize ans et en régna vingt-cinq, ce ^„i n'étoit encore arrivé à aucun calife. De son temps , commença la secte , ou plutôt le parti des fatimites (-2). En deux cent quatrevingt-dix-huit, neuf cent dix, Mahomet, autrement Obéidalla , Arabe , sortit de la pn> vince d'Irac, prétendant être de la race d'Ali et de Fatima, tille du prophète, vint en Afrique à Ségelmesse, et se fit reconnoître émir almouménin , c'est-à-dire prince des fidèles, se donnant le titre de Méhédi, respecté parmi eux. Il se rendit maître de tout ce que les musulmans avoient en Afrique et de la Sicile , ne reconnoissant point le calife de Bagdad; et cette puissance passa à sa postérité. En Arabie, Aboutaher, carmatien , secte qui s'étoil élevée sous le calife précédent, défit en trois cent douze, neuf cent vingl-quatre , la caravane de la Mecque , en sorte que le pèlerinage cessa pendant douze ans. Il prit la même ville de la Mecque et enleva la pierre noire, objet de la dévotion des musulmans, qui fut rachetée une somme immense. En trois cent quinze, neuf cent vingt-sept, commença en Perse un nouveau royaume, nommé Dilem. Ainsi se divisoit l'empire des musulmans. Le calife Mouctadir fut tué en trois cent vingt, neuf cent trente-deux , âgé de trente-huit ans, et on mit à sa place Mahomet Aboulraansor sous le nom d'Alcaher-Billa ; mais il se gouverna si mal , qu'après dix-huit mois il fut déposé par les soldats qui pillèrent Bagdad. Il vécut encore onze ans , réduit à demander l'aumône dans la

mosquée.

Son successeur fut son neveu Ahmed Aboulabas , fils du calife Mouctadir. On nomma celui-ci Arradi-Billa , et il régna près de sept ans depuis trois cent vingt-deux , neuf cent trentcKjuatre , jusqu'en trois cent vingt-neuf, neuf cent quarante. De son temps la puissance des califes tomba entièrement , et tout ce grand empire se divisa entre plusieurs seigneurs , qui faisoient porter à leur trésor l'argent des tributs, prenoient les armes et les quilloient quand il leur plaisoit, et ne laissoient au calife que le nom de souverain. Car ils le reconnoissoient toujours pour chef de la religion et de l'empire; ils le nommoient à la prière publique , et mettoient son nom sur la mon-

(1) P. 531. IS". Bibl. Or. Falhomiah.

f2) Elm. lib. c. 16. Itl. p. p. 3i2. Mabadi, p. 531.

noie; enfin ils recevoienl de lui Pinvestiture, dont le signe étoit un étendart, mais il ne la refusoit jamais à celui qui se trouvoit le plus fort. L'Egvptedonc et la Syrie avoient un maître, le Dfarbècre ou Mésopotamie un autre, r Arabie un autre, la Perse un autre, et ainsi du reste. Bagdad même , où le calife résidoit , avoit un autre seigneur sous le titre d'émir des émirs. Il y avoit long-temps que les musulmans d'Espagne étoient indépendants, et ceux d'Afrique commencoient aussi à l'être sous le fils de Méhédi , qui prit le nom de Caiambiamrilla, c'est-à-dire établi par l'ordre de Dieu. Je ne nommerai donc plus ces fantômes de califes qui résidoient à Bagdad , et qui durèrent encore plusieurs siècles; et, si je suis oblige de parler de quelques-uns de ces princes musulmans , je nommerai celui qui avoit l'autorité effective. Kadi fut le dernier calife de Bagdad , qui fil dans la mosquée la prière sur la tribune le vendredi , qui disposa des armées et des finances , qui eut des officiers pour sa bouche et pour les autres services domestiques comme ses prédécesseurs , et il nriourul, comme plusieurs d'entre eux, de debaucHes avec les femmes. ,

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